La présidentielle américaine sous le signe du Covid-19

Donald Trump et Joe Biden s'écharpent violemment sur la gestion de la crise. ©AFP

Alors que le coronavirus a fait près de 200.000 morts aux Etats-Unis, la gestion de l'épidémie devient un enjeu central de la présidentielle américaine.

L'épidémie de Covid-19 est en passe de faire 200.000 morts aux Etats-Unis, tandis que le pays déplore près de 1.000 décès par jour liés à l'infection. Un bilan lourd qui suscite controverses et attaques réciproques entre Donald Trump et Joe Biden, faisant de la gestion de la crise un argument de campagne important.

Invité mardi soir par la chaîne ABC, le Président américain a cherché à rassurer la population en affirmant que le coronavirus finirait par disparaître. "Tout va bien se passer, c'est en train de disparaître. Et cela disparaîtra encore plus vite avec les vaccins", a-t-il assuré.

"La première responsabilité d'un Président est de protéger le peuple américain et il ne le fait pas."
Joe Biden
Candidat à la présidentielle américaine

De son côté, le candidat démocrate a fustigé le locataire actuel de la Maison-Blanche sur la réponse apportée à la crise sanitaire. "La première responsabilité d'un Président est de protéger le peuple américain et il ne le fait pas", a-t-il asséné lors d'un déplacement à Wilmington, dans son fief du Delaware, considérant que la gestion du virus par Donald Trump le "disqualifiait totalement".

Discorde autour du vaccin

Mercredi, Donald Trump a promis lors d'une conférence de presse que les Etats-Unis disposeraient d'un vaccin dès cet automne et qu'il serait largement distribué au peuple américain. "Nous sommes prêts. Nos militaires et les autres responsables sont prêts à agir. Nous pensons que la distribution d'un vaccin pourrait commencer dès octobre. Sans doute novembre ou décembre au plus tard", a certifié l'ancien homme d'affaires.

La majorité des américains ne pourront pas bénéficier d'un vaccin avant "le deuxième ou troisième trimestre de 2021".
Robert Redfield
Chef des autorités sanitaires américaines

Une déclaration d'autant plus surprenante qu'elle va à l'encontre de ce qu'avait affirmé plus tôt dans la journée le chef des autorités sanitaires américaines, Robert Redfield. Devant le Congrès, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) avait estimé que la majorité des Américains ne pourrait pas bénéficier d'un vaccin avant "le deuxième ou troisième trimestre de 2021", même si celui-ci était autorisé dans les prochaines semaines.

D'après Robert Redfield, même si les essais cliniques étaient concluants - ce qui est jugé peu probable par les responsables et experts - la distribution de doses sera "très limitée" et réservée à certaines populations prioritaires. "Je pense qu'il a fait une erreur quand il a dit ça. C'est une information incorrecte", a réagi Donald Trump.

"Les percées scientifiques ne se soucient pas plus de notre agenda que le virus. Elles n'adhèrent certainement pas plus aux cycles électoraux. Et le calendrier de leur validation et de leur distribution ne devraient jamais être faussés par des considérations politiques", a pour sa part signalé Joe Biden.

Main basse des pays riches sur le vaccin ?

Dans un rapport récemment publié, l'ONG Oxfam critique vigoureusement l'attitude des pays riches qui s'approprieraient, selon elle, plus de la moitié des futurs vaccins. Parmi les régions et pays pointés du doigt figurent notamment le Royaume-Uni, l'Union Européenne et le Japon. L'organisation a calculé que ces pays, qui représentent 13% de la population mondiale, ont pré-acheté la moitié des futures doses vaccinales contre le Covid-19.

Selon Oxfam, des contrats ont déjà été signés auprès de cinq fabricants en phase 3 d'essais cliniques pour 5,3 milliards de doses, dont 51% pour les pays développés. L'idée de ces pays est de s'approvisionner auprès de plusieurs fabricants dans l'espoir qu'un des vaccins se révèle efficace. "Un nationalisme vaccinal" dénoncé par plusieurs responsables de santé publique et par la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen.

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