Le Venezuela rejette l'ultimatum européen à convoquer des élections

Nicolas Maduro, président du Venezuela ©EPA

L'UE s'est dit prête à prendre des mesures si des élections ne sont pas convoquées "dans les prochains jours" au Venezuela, y compris en ce qui concerne "la reconnaissance du leadership" dans le pays. Le Venezuela juge qualifie cet ultimatum "d'ingérence, infantile".

Le Venezuela a rejeté catégoriquement samedi à l'ONU l'ultimatum lancé par plusieurs pays européens lui donnant huit jours pour convoquer des élections menaçant, le cas échéant, de reconnaître le pouvoir de l'opposant Juan Guaido.

"Personne ne va nous donner des délais, ni nous dire si des élections doivent être convoquées ou non", a lancé le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza. "Qui êtes-vous pour donner un ultimatum à un gouvernement souverain?". "C'est de l'ingérence, infantile", a-t-il ajouté lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

La Russie dénonce un "coup d'Etat"

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a, lui, accusé "les Etats-Unis et leurs alliés de vouloir renverser le président" du Venezuela, en déniant au Conseil de sécurité le droit de discuter de la situation dans ce pays.

Parlant de "coup d'Etat", le diplomate a fait valoir que la crise relevait d'une "situation interne" au Venezuela. Dans sa réponse, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a souligné que "le régime de Nicolas Maduro réprimait son peuple" depuis des années. Des milliers de Vénézuéliens fuient, déstabilisant la région, a-t-il ajouté.

"Ne testez pas notre détermination"
Mike Pompeo
Secrétaire d'Etat américain

Il a appelé tous les pays à "être aux côtés des forces de liberté" emmenées par l'opposant Juan Guaido, lors d'une réunion du Conseil de sécurité que la Russie a tenté en vain d'empêcher.

"Ne testez pas notre détermination", a aussi dit le chef de la diplomatie américaine à l'intention du président vénézuélien Nicolas Maduro, au sujet de la protection à apporter aux diplomates américains au Venezuela dont l'expulsion a été ordonnée. Nicolas Maduro dirige un "Etat mafieux illégitime", a aussi lancé Mike Pompeo.

Les pays reconnaissant la légitimité de l'opposant Juan Guaido à diriger le Venezuela doivent "déconnecter leurs systèmes financiers avec le régime Maduro et permettre aux actifs appartenant au peuple vénézuélien d'aller aux gestionnaires légitimes de cet État", a-t-il ajouté, après avoir quitté le Conseil de sécurité sans attendre la prise de parole de son homologue vénézuélien, Jorge Arreaza.

Ultimatum londonien

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a affirmé samedi que sans annonce de nouvelles élections au Venezuela "dans les 8 jours", le Royaume-Uni reconnaîtrait officiellement Juan Guaido comme "président par intérim" du pays.

Londres rejoint ainsi Madrid, Paris, Berlin qui ont adopté la même position à l'encontre du régime de Nicolas Maduro. "Juan Guaido est la personnes qu'il faut pour faire avancer le Venezuela", a affirmé Jeremy Hunt sur Twitter. "Si des nouvelles élections équitables ne sont pas annoncées dans les 8 jours, le Royaume-Uni le reconnaîtra comme président par intérim afin de faire avancer le processus politique en faveur de la démocratie". 



Jeudi, le chef de la diplomatie britannique avait déjà soutenu que le président socialiste Nicolas Maduro "n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela". Il avait estimé que les élections du 20 mai 2018, qui avaient porté M. Maduro au pouvoir, étaient "profondément biaisées".

L'UE prête à prendre des mesures

"En l'absence d'annonce concernant l'organisation de nouvelles élections assorties des garanties nécessaires dans les prochains jours, l'UE prendra de nouvelles mesures, notamment sur la question de la reconnaissance du leadership du pays", a pour sa part déclaré la cheffe de la diplomatie Frederica Mogherini au nom de l'UE dans un communiqué.

Mercredi, après l'autoproclamation de Juan Guaido, le jeune président du parlement vénézuélien comme "président par intérim" du pays, l'UE s'était contentée de réclamer desélections "libres" au Venezuela. Les États-Unis, le Canada et la plupart des pays d'Amérique latine ont eux déjà reconnu M. Guaido comme président par intérim du pays.

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