analyse

Michael Bloomberg vise la Maison-Blanche à coup de millions de dollars

Le fait que Michael Bloomberg soit un milliardaire, ex-républicain de surcroît, pourrait jouer contre lui lors des primaires démocrates. ©REUTERS

L'ancien maire de New York Michael Bloomberg s'est lancé dans la course à l'investiture démocrate. Sa fortune pourrait représenter un sacré atout face à Donald Trump. Mais son entrée tardive dans la course et ses idées modérées risquent de ne pas faire l’unanimité dans son propre camp.

Son équipe de campagne le reconnaît: Michael Bloomberg n’est pas aussi connu que Joe Biden des Américains moyens. S’il veut l’emporter cet été, son principal défi est donc de se faire entendre. La solution? Sortir son chéquier. Le milliardaire a payé 35 millions de dollars de spots télévisés, diffusés à partir de ce lundi dans une vingtaine d’États, pour raconter son histoire et vendre son programme. La somme, qui correspond à une seule semaine de publicités, dépasse à elle seule la totalité des dépenses à la télévision de tous ses concurrents réunis sur un an. Et une multitude de spots en ligne sont d’ores déjà prévus.

Michael Bloomberg se concentrera sur les États les plus peuplés et donc riches en délégués démocrates, comme le Texas et la Californie, qui voteront en mars.

Bloomberg veut montrer à ses rivaux qu’il est prêt à mettre le prix pour l’emporter. "Mike va dépenser tout ce qu’il faudra pour battre Donald Trump car il estime que les enjeux n’ont jamais été aussi élevés", a affirmé l’un de ses conseillers au New York Times. Dans le camp modéré, ni Joe Biden ni Pete Buttigieg n’ont les moyens de le suivre financièrement. Même chose chez les candidats les plus à gauche, comme Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Ce dernier l’a d’ailleurs accusé d’"essayer d’acheter l’élection". 

Bloomberg fera l'impasse sur l’Iowa et le New Hampshire 

Mais la campagne de Michael Bloomberg démarre tard. Si son argent peut lui permettre de rattraper les autres assez vite en matière de notoriété, il reste à la traîne en ce qui concerne l’organisation sur le terrain. Pour pallier à son retard, sa stratégie consistera à  faire l’impasse sur plusieurs États qui voteront au tout début du cycle des primaires démocrates, comme l’Iowa et le New Hampshire. Il se concentrera plutôt sur les États les plus peuplés et donc riches en délégués démocrates, comme le Texas et la Californie, qui voteront en mars.

Les multimilliardaires comme M. Bloomberg n’iront pas très loin dans cette élection.
Bernie Sanders
Candidat démocrate

Sa campagne sera autofinancée et n’acceptera pas les contributions extérieures. Un élément qui fait dire aux médias américains que Michael Bloomberg risque de ne pas participer aux débats télévisés avec ses concurrents puisqu’il faut atteindre un certain nombre de donateurs pour se qualifier.

Bloomberg News, l’agence de presse qui lui appartient, a par ailleurs annoncé qu’elle ne ferait aucune enquête sur lui pendant la campagne, ni sur ses concurrents. Une nouvelle qui a fait grincer des dents dans le monde des médias américains.

Un ex-républicain qui pourrait ne pas convaincre

À ce stade de la campagne, difficile de dire précisément quel est le programme de l’ex-républicain qui met l’accent sur ses engagements passés au profit de l’environnement ou des législations anti-armes. Il plaide pour le maintien d’une assurance santé privée aux côtés d’un système public.

Michael Bloomberg aux côtés de Donald Trump en 2016, lors de commémorations du 11 septembre. ©AFP

Il semble surtout se focaliser sur l’ennemi à abattre: Donald Trump. Une stratégie assez similaire à celle de Joe Biden qui cherche à réunifier le pays. Mais si l’ex-vice-président a une image proche du peuple, Michael Bloomberg a plutôt la casquette de l’homme d’affaires. Exactement comme Donald Trump en 2016.

Reste à savoir si cette recette, qui a fonctionné contre toute attente chez les républicains, peut avoir le même succès chez les démocrates qui débattent ces jours-ci d’une nouvelle taxe sur les ultra riches, critiquée par le principal intéressé. "Les multimilliardaires comme M. Bloomberg n’iront pas très loin dans cette élection", a prévenu le socialiste Bernie Sanders.

Bill de Blasio, le successeur de Michael Bloomberg à la mairie de New York, estime que ce dernier va se casser les dents à cause de son bilan politique. Il cite notamment son opposition à une loi sur les congés maladie payés et la relation de son administration avec le monde de l’immobilier: "Ce sont des choses qui, si elles sortent - et elles vont sortir - feront dire aux gens qu’il n’est pas un démocrate, encore moins un démocrate qu’ils peuvent soutenir". 


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