Près de 1.400 manifestants arrêtés à Moscou selon les ONG

Vladimir Poutine, président russe. ©Photo News

Le nombre de personnes arrêtées à Moscou par la police, lors de manifestations en faveur d'élections libres, samedi, s'est élevé à 1.370, selon des activistes militant pour les droits civils, qui l'on évoqué dimanche matin.

Moins d'une semaine après un rassemblement sans précédent depuis le mouvement de contestation qui avait accompagné le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, les forces de l'ordre n'ont cette fois laissé aucune chance aux protestataires de participer à cette nouvelle manifestation, non autorisée, devant la mairie de la capitale russe.

L'opposition dénonce le rejet des candidatures indépendantes en vue des élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale.

Selon les chiffres officiels de la police de Moscou, quelque 3.500 personnes, parmi lesquelles environ 700 journalistes professionnels et blogueurs, étaient présentes samedi à la manifestation et "1.074" ont été arrêtées "pour des infractions diverses". L'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, avait également dit avoir recensé vers 20h plus de mille arrestations. Dimanche matin, elle a revu ce chiffre à la hausse, évoquant désormais celui de 1.370 arrestations.

Arrestations violentes

Mobilisées en grand nombre, les forces de l'ordre ont interpellé en masse les manifestants qui affluaient dans l'après-midi sur la principale artère de Moscou, la rue Tverskaïa, criant "Honte !" ou "Nous voulons des élections libres !", et les ont repoussés manu militari vers les ruelles alentour.

Un autre rassemblement, qui a commencé vers 16h40 GMT à l'appel de l'opposition sur la place Troubnaïa, toujours dans le centre-ville, a rapidement été dispersé par la police.

Plusieurs arrestations ont été violentes, de nombreux manifestants ayant notamment été blessés à la tête, selon des journalistes de l'AFP.

Avant même le rassemblement, plusieurs figures de l'opposition, parmi lesquelles Ilia Iachine, ainsi que Lioubov Sobol et Dmitri Goudkov, avaient été arrêtées samedi matin. Tous trois ont été relâchés plus tard dans la journée. MM. Iachine et Goudkov devront comparaître devant un tribunal fin juillet, tandis que Mme Sobol s'est vu infliger une amende de 30.000 roubles (426 euros au taux de samedi). Lioubov Sobol et Ilia Iachine ont cependant été de nouveau arrêtés dans la soirée, pendant le rassemblement sur la place Troubnaïa.

L'UE dénonce une atteinte aux libertés fondamentales

 L'Union Européenne a fustigé les plus de 1.000 arrestations effectuées par la police russe à Moscou pendant une manifestation de l'opposition pour des élections libres, dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche. "Ces détentions et le recours disproportionné à la force contre des manifestants pacifiques (...) portent une fois de plus gravement atteinte aux libertés fondamentales d'expression, d'association et de réunion", a déclaré la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

"Ces droits fondamentaux sont inscrits dans la Constitution russe et nous attendons qu'ils soient protégés", a ajouté la porte-parole, Maja Kocijancic, citée dans le communiqué.

Pour les prochaines élections locales de septembre, l'Union européenne insiste sur la "création de conditions équitables" pour toutes les forces politiques. "Nous attendons des autorités de la Fédération de Russie qu'elles respectent ses engagements à l'égard de l'OSCE et les autres obligations internationales lorsqu'elles organiseront les prochaines élections locales", a-t-elle ajouté dans son communiqué.

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