Stratégie risquée de Netanyahou pour gagner les élections

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Le Likoud, de Benjamin Netanyahu, et Bleu-blanc, le parti de Benny Gantz, étaient au coude-à-coude à la veille des élections. Le Premier ministre sortant tente d’attirer les voix de droite.

"C’est rare qu’un tel suspense pèse sur une élection israélienne."
yossi lempkovicz
spécialiste des questions israéliennes

Visite très médiatisée au président russe Vladimir Poutine, reconnaissance de l’annexion du Golan par la Maison-Blanche, plan d’annexion de la Cisjordanie lâché en dernière minute… Ces dernières semaines, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a multiplié les opérations de séduction pour rallier l’électorat de droite aux élections législatives de ce mardi.

Jusqu’à dévoiler, à quelques jours du scrutin, la réussite de l’opération "Douce-amère", la remise – grâce à la Russie – de la dépouille du soldat Zachary Baumel, commandant du char, tué au Liban par l’armée syrienne en 1982.

Le leader du Likoud (droite) a abattu sa dernière carte lundi, en prédisant un échec possible de son parti sur la chaîne de télévision 12. "C’est la stratégie catastrophe par excellence, elle vise à rappeler l’électorat de droite encore indécis", dit Yossi Lempkovicz, spécialiste des questions israéliennes.

Plus de six millions d’Israéliens iront aux urnes ce mardi pour renouveler leur Parlement, les 120 députés de la Knesset. Les bureaux de vote ont ouvert ce mardi pour ces élections législatives qui décideront si le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu poursuit son long règne ou si l'heure du changement est venue avec le novice Benny Gantz.

Les derniers sondages montrent les deux principaux partis, le Likoud et le Bleu-blanc (centre) de Benny Gantz au coude-à-coude. Une trentaine de sièges leur est attribuée chacun avec un avantage pour Bleu-blanc dans 4 sondages sur 5. Par contre, les prévisions pour les partis traditionnellement alliés au Likoud font pencher la balance en faveur de Netanyahou. "C’est rare qu’un tel suspense pèse sur une élection israélienne. C’est l’incertitude totale", poursuit Yossi Lempkovicz.

Après 13 ans au pouvoir, Benjamin Netanyahou n’a pas l’intention de perdre son cinquième mandat, d’où les appels et les déclarations promptes à plaire à l’électeur de droite. La stratégie est risquée, car pour entrer au gouvernement, le Likoud ne doit pas affaiblir les autres partis de droite, nationalistes religieux et d’extrême droite en leur prenant des voix, au point de les empêcher d’entrer au Parlement. Ces formations seront nécessaires pour construire une coalition.

Les déclarations à l’emporte-pièce, comme cette intention d’annexer la Cisjordanie, pourraient lui nuire. Benjamin Netanyahu a prétendu que Donald Trump était au courant de ses intentions. Prudent, le président américain, pourtant supporter de Netanyahou, n’a pas confirmé son soutien à l’annexion.

Benny Gantz a plongé sur l’alarmisme du Premier ministre sortant pour enfoncer le clou et annoncer que Bleu-blanc mettrait fin à son règne. Cet ancien chef d’état-major de Tsahal, un novice en politique, conserve toutes les chances de l’emporter, même si le Likoud, donné un temps perdant, a effectué une remontée ces dernières semaines.

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