2018, un remake de la fin des années 60?

Woodstock, en 1969.

Nous sommes peut-être arrivés au bout de la logique de la mondialisation, comme la fin des années soixante ont marqué la fin du système de Bretton Woods, avance Philippe Ledent, économiste chez ING.

Et si nous étions à l'aube d'un basculement semblable à celui connu par le monde occidental à la fin des années soixante? Telle est la question que pose l'économiste Philippe Ledent, en marge de l'exposition consacrée par ING à la période 1966-1970. L'exposition se tient jusqu'en mars prochain à l'ING Art Center, place Royale à Bruxelles.

"Nous vivons l'apogée d'une mondialisation qui commence à se fissurer."
Philippe Ledent
économiste

A la fin des années soixante, on assiste à l'essoufflement du système de Bretton Woods instauré en 1944, à la fin de la guerre. Le dispositif reposait sur la prééminence du dollar, convertible en or au taux fixe de 50 dollars pour une once d'or (aujourd'hui l'once d'or se négocie environ 1.200 dollars). Le système assura une expansion économique sans précédent. En Belgique, la croissance moyenne était de 5,4% par an au cours de la décennie soixante, un chiffre qui fait rêver aujourd'hui. La croissance belge était en outre dopée par les lois d'expansion économique de 1960-1962 qui visaient à attirer des capitaux étrangers. Ce dont notre économie a largement profité, la Flandre en particulier.

La fin de la convertibilité du dollar en or décidée par Richard Nixon en 1971 marqua la fin d'une ère. Les pays européens réagirent dès 1969 en lançant le plan Barre qui aboutit, trente ans plus tard, à la mise sur pied de l'Union économique et monétaire.

Aujourd'hui, nous sommes peut-être arrivés au bout de la logique de la mondialisation. Protectionnisme et populisme constituent de puissants freins à un mouvement qui a vu l'économie mondiale s'ouvrir sans cesse depuis la fin des années nonante. "Nous vivons l'apogée d'une mondialisation qui commence à se fissurer", avance Philippe Ledent. "On assiste au retour du balancier. Nous sommes en train de vivre un basculement qui marque la fin d'une ère de coopération politique entre les Etats, coopération multilatérale indispensable à la mondialisation. Ce qui se présentera après, par contre, nul ne peut le dire."

Il n'est pas certain non plus que les gens, à la fin des années soixante, savaient vers quoi ils allaient. L'époque était à l'optimisme à tous les étages et les jeunes baignaient dans une atmosphère de contestation face au conservatisme et au paternalisme de la société héritée de la guerre. Cet état d'esprit est parfaitement rendu à travers l'exposition d'ING où le visiteur déambule avec dans les oreilles la musique des Beatles, Stones, Who, Kinks et autres groupes anglais de cette époque bénie.

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