"407,8 ppm", un nouveau record de concentration de CO2 dans l'atmosphère

©Bloomberg

Les émissions de CO2 d'origine humaine ne diminuent pas malgré les engagements pris en 2015 à Paris. Au contraire, elles s'accélèrent. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a même atteint un record en 2018.

Toujours plus, toujours plus vite. La concentration de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère a atteint un nouveau record annuel en 2018, qui montre que les émissions d’origine humaine, loin de décroître et faute de ralentir, continuent de s’accélérer. L’Organisation météorologique mondiale dévoilait ce chiffre lundi: la concentration de CO2 dans la troposphère (entre la surface et la stratosphère) a atteint en moyenne 407,8 parties par million (ppm) en 2018.

Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Petteri Taalas
Secrétaire général de l’OMM

C’est une fois et demie plus que la concentration mesurée dans les échantillons d’atmosphère d’avant la révolution industrielle. La dernière fois que l’atmosphère terrestre a connu une telle concentration de gaz carbonique, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. Avant l’apparition du premier représentant connu du genre Homo, à une époque où la température était 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui. Et où le niveau des mers était supérieur de 10 à 20 mètres.

L’augmentation s’accélère

Malgré les engagements pris en 2015 à Paris, il n’y a donc "aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère", a déploré le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. Non seulement la concentration de CO2 augmente chaque année, mais cette augmentation s’accélère. De 0,7 ppm par an il y a soixante ans, la concentration a gagné 1,5 ppm par an dans les années 1990, puis 2,2 ppm au cours de la dernière décennie.

La hausse observée entre 2017 et 2018 est légèrement plus forte que la moyenne des dix dernières années. Et elle se poursuit: l’observatoire américain de Mauna Loa, à Hawaï, a constaté que la concentration de CO2 a atteint 414,7 ppm en mai 2019 – le pic saisonnier le plus élevé jamais enregistré en 61 ans d’observations. Le cap symbolique des 400 ppm avait été observé pour la première fois en 2014.

Par ordre de responsabilité, le second gaz à effet de serre persistant le plus important est le méthane, dont la majorité des émissions est due aux activités humaines et dont la concentration dans l’atmosphère s’accélère également.

Il n'y a pas que le CO2

Le CO2 est responsable de 80% du déséquilibre énergétique qui fait augmenter les températures. Par ordre de responsabilité, le second gaz à effet de serre persistant le plus important est le méthane, dont la majorité des émissions est due aux activités humaines et dont la concentration dans l’atmosphère s’accélère également.

En vertu de l’Accord de Paris sur le climat, dont les États-Unis s’apprêtent à sortir, les nations du monde doivent réduire leurs émissions de manière à empêcher un réchauffement de plus de 2°C – et "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C" par rapport à la fin du XIXe siècle. Selon l’OMM, la température moyenne entre 2015 et 2019 était 1,1°C plus élevée qu’alors.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect