70% des cancers du sein pourraient éviter la chimio

©REUTERS

Une grande partie des femmes atteintes du type le plus courant de cancer du sein peuvent éviter la chimiothérapie, selon une étude américaine présentée dimanche lors d’un congrès sur le cancer (ASCO), à Chicago.

Voilà une étude qui pourrait concerner des dizaines de milliers de femmes de par le monde. Selon une étude présentée dimanche au congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology, jusqu’à 70% des patientes frappées par un cancer du sein pourraient, en fonction des résultats d’un test génétique existant, éviter la chimiothérapie et ses terribles effets secondaires, et se contenter des médicaments hormonaux.

Actuellement, de nombreuses femmes subissent de la chimiothérapie après l’opération chirurgicale d’ablation de la tumeur, en plus de médicaments d’hormonothérapie, afin d’empêcher le retour éventuel du cancer.

3.000 €
Le coût d’un test MammaPrint s’élève actuellement jusqu’à 3.000 euros, selon l’association Think Pink, bien moins qu’une chimiothérapie.

Mais une étude internationale conduite auprès de 10.000 femmes a conclu que le niveau justifiant le recours à la chimiothérapie pouvait être relevé sans risque.

Depuis des années, un test génétique réalisé sur la tumeur permet de prédire la probabilité de récidive. Ce test donne un score entre 0 et 100. Jusqu’à présent, la chimiothérapie était conseillée au-dessus de 25. En dessous de 10, elle ne l’était pas. Ce qui posait un dilemme aux femmes situées dans la zone grise, entre 11 et 25.

L’étude a montré que pour ces femmes-là, après neuf ans de suivi, la chimiothérapie n’apporte rien.

Cela "aura un impact énorme sur les médecins et les patients, dit une coauteure de l’étude, Kathy Albain, cancérologue à l’hôpital Loyola Medicine de Chicago. Nous allons faire reculer les thérapies toxiques."

Rien qu’aux Etats-Unis, 65.000 femmes pourraient en profiter par an. "Toute femme de moins de 75 ans avec un cancer du sein de stade initial doit faire le test et parler des résultats" avec son médecin, dit l’auteur principal, le docteur Joseph Sparano, du centre médical Montefiore Medical à New York.

Et en Belgique?

Chez nous, la campagne de lutte contre le cancer du sein Think Pink appelle la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) à permettre le remboursement des tests prédictifs évoqués dans l’étude. "Ce type de test, dont fait partie le MammaPrint, n’est pas encore remboursé dans notre pays. Récemment, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a d’ailleurs remis un avis négatif à ce sujet, regrette Think Pink. Une des raisons évoquées concernait le coût total d’un traitement de chimiothérapie vis-à-vis du coût d’un test MammaPrint, qui s’élève actuellement jusqu’à 3.000 euros. Mais leur estimation ne reprenait pas tous les coûts réels liés à une chimiothérapie."

L’organisation demande à la ministre De Block d’instaurer un remboursement systématique des tests MammaPrint pour toutes les patientes. "Les femmes concernées sont celles ayant un cancer du sein hormono-dépendant et HER2 négatif sans métastases dans les ganglions lymphatiques, le type de cancer du sein le plus fréquent, explique Think Pink. Les femmes de plus de 50 ans pourraient, grâce à ce test, éviter la chimiothérapie."

Dans une réaction, le cabinet de Maggie De Block a précisé que les résultats de l’étude américaine vont faire l’objet d’un examen, avec la collaboration du Centre du cancer. La fiabilité de ces tests doit être démontrée avec certitude avant que d’autres mesures puissent être envisagées, a-t-il ajouté.

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