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À 100 jours de la COP26, le Giec dresse l'état des lieux du climat

Un hameau néerlandais entouré d'une zone submergée par les inondations, le 16 juillet. ©EPA

Les experts mondiaux du climat se réunissent à partir de ce lundi pour adopter un rapport sur l’état des connaissances sur le climat, dernier grand signal des scientifiques avant la COP26.

La crème des climatologues mondiaux se réunit ce lundi, en visioconférence, pour entamer la validation d'un rapport très attendu sur l’état du climat. Le document, qui sera dévoilé le 9 août, sera la dernière grande publication du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) avant les arbitrages politiques de la conférence climatique de Glasgow, la COP26, en novembre.

Sa publication intervient sept ans après le précédent rapport du groupe de travail du Giec qui se concentre sur la science du climat (températures, niveau des océans, événements extrêmes...), et alors que les événements météorologiques extrêmes se multiplient depuis le début de l'été (inondations dévastatrices en Europe et en Chine, incendies de forêts au Canada, aux États-Unis et en Russie) et que la famine qui sévit à Madagascar est désormais reconnue comme la première famine due au réchauffement climatique.

Une science plus précise

Depuis 2014, les modèles climatologiques se sont affinés. Ils permettent désormais de lier de plus en plus clairement un événement météorologique donné au réchauffement du système climatique global. Lundi, le World Weather Attribution (WWA), initiative internationale réunissant des experts dans ce domaine, a d'ailleurs initié un projet d'attribution concernant les pluies diluviennes qui se sont abattues en Wallonie et en Allemagne.

"Aujourd'hui, les modèles descendent à une échelle de l'ordre de 10 km et la génération qui arrive devrait arriver à l'échelle à peu près kilométrique."
Robert Vautard
Climatologue, Giec

Le 7 juillet, le WWA avait déjà déterminé que la canicule qui a touché l'ouest américain fin juin aurait été "virtuellement impossible sans le réchauffement climatique causé par l’humanité".

La science climatique reste, par contre, myope sur certaines questions clés. "On sait que les vagues de chaleur se multiplient, mais on sait aussi que nos modèles sous-estiment l'augmentation de l'intensité de ces vagues de chaleur, en particulier en Europe, d'un facteur 2", explique ainsi Robert Vautard, un co-auteur du rapport interrogé par l'Agence France Presse.

Les modèles de prédiction ont donc une marge d'amélioration dans ce domaine crucial, même s'ils ont déjà beaucoup gagné en précision. "Aujourd'hui, les modèles descendent à une échelle de l'ordre de 10 km, et la génération qui arrive devrait arriver à l'échelle à peu près kilométrique", poursuit le climatologue français.

"Le G20 représente 80% des émissions mondiales. Il n'y a pas de voie vers (un plafonnement à) 1,5°C sans le G20."
Patricia Espinosa
Secrétaire exécutive de l'ONU pour le climat

D’autres angles morts demeurent, sur la proximité des "points de bascule", seuils de réchauffement de nature à accélérer l’emballement climatique, le rôle des nuages dans la dynamique climatique, ou encore de la capacité d'absorption du carbone par les océans et les forêts.

Un échec au G20

Alors que les scientifiques dressent l'état des lieux, la tension politique monte, à l'approche de la COP26. Jeudi et vendredi se tenait une réunion du G20 sur le sujet, qui a tourné à l'échec. Les ministres de l'Énergie et de l'Environnement des plus grandes économies ne sont pas parvenus à s'accorder sur un communiqué commun. "Le G20 représente 80% des émissions mondiales. Il n'y a pas de voie vers (un plafonnement à) 1,5°C sans le G20", soulignait peu avant Patricia Espinosa, la secrétaire exécutive de l'ONU pour le climat.

Six ans après la signature de l'accord de Paris, qui ambitionne de limiter le réchauffement climatique le plus près possible de 1,5°C, moins de la moitié des pays signataires ont mis à jour leur engagement à réduire leurs émissions. Et les pays les plus riches n'ont pas encore honoré leur engagement à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour aider les pays en développement à financer l'action climatique.

Le résumé

  • Le Giec va adopter son rapport sur les bases scientifiques physiques des changements climatiques.
  • Le constat fait dans la précédente édition, en 2014, n'a pas changé, mais les connaissances s'affinent en même temps que les conséquences du réchauffement se font plus meurtrières.
  • Le rapport est la dernière grande intervention du Giec avant les arbitrages politiques la COP26. À 100 jours de la conférence, le G20 n'est pas parvenu à s'accorder sur une ligne commune.

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