A quoi ressemblera la rencontre entre Trump et Kim?

©AFP

Donald Trump a répondu positivement à une proposition du leader nord-coréen Kim Jong-un de le rencontrer d'ici le mois de mai. Cette annonce spectaculaire fait suite à des contacts entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Mais comment se déroulera cette rencontre?

L'annonce est aussi inattendue que spectaculaire: le président américain Donald Trump a accepté de rencontrer le leader nord-coréen Kim Jong-un d'ici fin mai. Objectif: discuter du programme nucléaire de Pyongyang.

Ce rebondissement, impensable il y a quelques semaines, fait suite à une rencontre entre une délégation sud-coréenne de haut niveau et le maître de Pyongyang après deux années de très vives tensions liées au programme nucléaire et balistique nord-coréen.

"C'est un pas dans la bonne direction. Nous espérons que cette rencontre va avoir lieu."
Sergueï Lavrov
Ministre russe des Affaires étrangères

Mais de nombreuses questions se posent sur ce que sera cette rencontre.

→  Où se tiendra ce sommet? 

 La seule chose confirmée à ce stade est le timing: la rencontre se déroulera d'ici fin mai. Mais sur le lieu, rien n'est précisé

Pyongyang? Il est sûr que Donald Trump y sera reçu en grande pompe. Mais pour le président américain, le risque serait de donner l'impression qu'il vient présenter ses respects.

La Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule? Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in doivent s'y rencontrer fin avril à l'occasion du troisième sommet intercoréen de l'histoire. Cette zone est le lieu le plus probable pour une réunion Trump-Kim. Son accès est facile des deux côtés, la sécurité de la zone est assurée et les infrastructures pour ce genre de rencontre existent déjà.

• Une ville étrangère? Pékin? Genève? Cela aurait une moindre charge symbolique et impliquerait un pays tiers dans l'organisation. En outre, cela signifierait que les protagonistes voyagent, or Kim Jong-un n'a plus quitté la Corée du Nord depuis son arrivée au pouvoir fin 2011.
Séoul?  Cette ville serait plus probable pour le Nord, au même titre que la ville de Washington. 

Le siège de l'ONU à New York?  Ville est celle du président américain. Mais une réunion à New York impliquerait que Kim Jong-un foule le sol américain.

→ Comment Trump va-t-il se préparer?

En 24 heures, nous avons eu les déclarations du secrétaire d'Etat Rex Tillerson affirmant que les Etats-Unis étaient "encore loin de négociations" avec Pyongyang et l'annonce de la Maison-Blanche de la tenue d'un sommet.

Les diplomates nord-coréens sont connus comme des négociateurs chevronnés. Dans le camp des Américains, depuis l'élection de Donald Trump, le département d'Etat a perdu nombre d'experts dans le dossier coréen. Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Séoul manque d'ailleurs toujours à l'appel.

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la politique nord-coréenne, Joseph Yun, était l'un des principaux "canaux de communication" avec Pyongyang. Il vient de quitter son poste pour raisons "personnelles".

→ Comment les deux hommes vont-ils s'entendre?

Donald Trump et Kim Jong-un sont radicalement différents, tout en étant étrangement semblables.
• Le leader nord-coréen a hérité du pouvoir et a été formé pendant des années à cette fin >< Le milliardaire américain est le plus improbable président de l'histoire américaine

• Kim a beaucoup plus d'expérience du pouvoir (6 ans) et pourrait demeurer en poste pendant des décennies.

• Les deux hommes, qui ont échangé des insultes, attachent beaucoup de valeur à la loyauté personnelle. Tous deux comptent parmi leurs plus proches conseillers des membres de leur famille. Ils partagent aussi un même intérêt pour les mises en scène. 

→ Quel est le rôle de Séoul?

Toutes les dernières annonces ont été sud-coréennes. Ce sont des émissaires du Sud qui ont révélé que Pyongyang était prêt à discuter de son arsenal nucléaire, ou encore que Donald Trump acceptait l'invitation du Nord à un sommet.

→ Comment réagira la Chine?

"Nous espérons que toutes les parties feront preuve de courage politique afin de prendre les bonnes décisions"
Geng Shuang
Porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Pendant des décennies, la Chine a été un inconditionnel soutien diplomatique et économique du Nord. Mais les relations entre Pékin et Pyongyang sont aujourd'hui grippées. Kim n'est pas allé à Pékin présenter ses hommages au président chinois Xi Jinping. Et la Chine s'est irritée de l'impétuosité du jeune dirigeant, de ses essais nucléaires et balistiques en cascade, montrant de plus en plus de bonne volonté dans la mise en oeuvre des sanctions internationales.

En même temps, Pékin redoute plus que tout un effondrement nord-coréen qui aurait pour corollaire l'avènement à sa frontière d'une Corée unifiée alignée sur Washington.

Un troisième sommet intercoréen

La Corée du Nord et du Sud ont décidé selon Séoul de la tenue fin avril d'un troisième sommet intercoréen, après ceux de 2000 et 2007. Le sommet aura lieu dans le village de Panmunjom, au milieu de la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud. Le président américain Donald Trump avait salué mardi ces signes d'ouverture de la Corée du Nord tout en appelant à la prudence et en réaffirmant que toutes les options étaient sur la table.

Il avait déclaré que les déclarations venues du Sud comme du Nord étaient "très positives". "Ce serait bien pour le monde, bien pour la Corée du Nord, bien pour la péninsule, mais nous verrons ce qui va se passer", avait-il ajouté. D'autres responsables de son administration avaient néanmoins conseillé la prudence, certains se montrant même sceptiques que ce soudain apaisement diplomatique après des mois de guerre des mots entre Washington et Pyongyang, sur fond de progrès nord-coréens dans les domaines nucléaire et balistique.

La Corée du Nord affirme désormais que ses missiles sont en mesure d'atteindre le territoire américain. Visé par une série de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi américaines, le régime nord-coréen a toujours affirmé que le développement de son programme nucléaire n'était tout simplement pas négociable. Il y a moins de trois semaines, Trump avait annoncé de nouvelles sanctions visant à isoler encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l'arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques. "Nous devons rester unis pour empêcher cette dictature brutale de menacer le monde de dévastation nucléaire", avait-il alors lancé.

 

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