Amnesty épingle la Belgique pour sa gestion de la pandémie

La pandémie de Covid-19 a révélé partout dans le monde des inégalités. En Belgique, l'armée a dû être déployée au plus fort de la crise pour venir en aide aux hôpitaux et aux résidences. ©Hans Lucas via AFP

La pandémie de Covid-19 et les manquements des pouvoirs publics dans de nombreux pays, dont la Belgique, ont accru les inégalités, selon un rapport annuel d'Amnesty.

Les autorités belges ont commis des manquements dans la gestion de la pandémie de Covid-19, en particulier envers les résidents des maisons de repos, selon le rapport annuel d'Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde publié ce mercredi. De manière générale, la crise sanitaire a aggravé "les inégalités systémiques massives" que subissent partout dans le monde les minorités, le personnel de santé et les femmes, affirme l'ONG. Le rapport montre que la pandémie a été instrumentalisée par les dirigeants de nombreux pays, "qui l’ont utilisée pour intensifier la répression des droits humains".

"Les autorités n'ont pas tenu assez compte de l'impact des mesures sur les personnes vulnérables."
Philippe Hensmans
Directeur d'Amnesty International Belgique.

Plus de la moitié des 20.000 personnes mortes du Covid-19 en Belgique vivaient en maison de repos. Amnesty dénonce "une violation du droit à la santé, à la vie et à la non-discrimination" par les pourvoir publics. Les résidents ont été victimes "de lacunes structurelles et d'absence d’attention prioritaire au début de la pandémie". L'ONG rapporte des refus d'accès aux hôpitaux, un nombre insuffisant d’équipements de protection pour le personnel.

"Les autorités n'ont pas tenu assez compte de l'impact des mesures sur les personnes vulnérables. Cela a révélé les inégalités pré-existantes, la situation dans les maisons de repos, les prisons et celle des métiers essentiels sous-payés et en sous-effectif", dit Philippe Hensmans, directeur d'Amnesty International Belgique.

Amnesty fait aussi état de la dégradation des conditions de vie dans les prisons, les détenus ne bénéficiant pas "d'un accès suffisant aux soins de santé".

Le rapport épingle un recours excessif à la force par la police durant la pandémie.

"Un mépris pour les droits humains"

Amnesty dresse un sombre bilan des carences des dirigeants de nombreux pays, "leur façon de gérer la pandémie étant marquée par l’opportunisme et un mépris total pour les droits humains". La répression des minorités s'est accrue, comme en Chine contre les Ouïghours et les pro-démocrates à Hong Kong.

3.181
personnes
Au Brésil, au moins 3.181 personnes ont été tuées par la police dans tout le pays entre janvier et juin, soit en moyenne 17 personnes par jour.

Les forces de l'ordre n'ont pas hésité à tuer en nombre des manifestants ou des citoyens aux Philippines, au Nigéria et au Brésil. Au moins 3.181 personnes ont été tuées par la police brésilienne dans tout le pays entre janvier et juin, soit en moyenne 17 personnes par jour.

Amnesty accuse aussi l'ancien président des États-Unis Donald Trump d'avoir court-circuité la coopération mondiale autour des vaccins contre le Covid-19.

La crise sanitaire a également aggravé la situation des réfugiées dans de nombreux pays, relève l'ONG. Des milliers de migrants se sont retrouvés piégés dans des camps sordides et privés de soins essentiels en raison du renforcement des contrôles aux frontières.

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