Ankara prépare un plan d'action "génocide arménien" contre l'Allemagne

Ankara prépare "un plan d'action" contre l'Allemagne après la reconnaissance du génocide arménien par le Bundestag. L'ambassadeur de l'UE à Ankara, un Allemand, a par ailleurs démissionné après des propos jugés inappropriés par les autorités turques sur l'accord sur les migrants.

Le chef de la délégation européenne en Turquie, Hansjörg Haber, a démissionné après des propos jugés inappropriés par les autorités turques sur l'accord sur les migrants conclu entre Ankara et Bruxelles.

Le diplomate européen, de nationalité allemande, avait critiqué la façon dont la Turquie honorait les clauses de l'accord conclu fin mars avec l'UE pour endiguer le flux
migratoire vers l'Europe, et il avait été convoqué en mai au ministère turc des Affaires étrangères du fait de ces propos.

Un "plan d'action génocide arménien" contre l'Allemagne

Les relations entre la Turquie et l'Europe, en particulier l'Allemagne, ne cessent de se tendre. Ainsi Ankara prépare un "plan d'action" contre l'Allemagne après le vote par le Bundestag d'une résolution reconnaissant le génocide des Arméniens par l'Empire ottoman.

"Des travaux sur les mesures à prendre (...) sont en cours avec les parties concernées, à commencer par notre ministère des Affaires étrangères. Ils préparent un plan d'action", a déclaré Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, lors d'une conférence de presse retransmise en direct par la chaîne d'information NTV.

©EPA

"Lorsqu'il sera achevé, il sera soumis à notre Premier ministre, à notre président de la République", a poursuivi M. Kalin, sans autre détail.

La Turquie a réagi avec colère après le vote jeudi par la chambre basse du Parlement allemand d'une résolution qui qualifie de génocide le massacre de centaines de milliers d'Arméniens par l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.

Ankara avait rappelé son ambassadeur en poste à Berlin pour des "consultations" et les responsables turcs avaient multiplié les déclarations indignées, renforçant les inquiétudes sur l'application de l'accord controversé entre l'Union européenne et la Turquie, porté par Berlin, qui a considérablement réduit l'afflux de migrants en Europe.

En déplacement en Afrique de l'Est lors du vote des députés allemands, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait promis que des "mesures" seraient prises à son retour en Turquie, sans entrer dans les détails.

Samedi, le chef de l'Etat turc a rejeté les accusations de génocide, dénonçant un "chantage" que son pays n'"acceptera jamais".

Nombre d'historiens et plus de vingt pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu qu'il y avait eu un génocide. Mais la Turquie affirme qu'il s'agissait d'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

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