Assange inculpé d'espionnage par les Etats-Unis

Les Etats-Unis reprochent à Julian Assange d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks d'une quantité colossale de documents militaires et diplomatiques. ©EPA

La justice américaine a retenu 17 chefs d'inculpation supplémentaires contre le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange. Le lanceur d'alertes australien est accusé d'avoir conspiré pour obtenir des informations classifiées et dévoilé l'identité de sources confidentielles.

La justice américaine a inculpé le fondateur de Wikileaks Julian Assange en vertu des lois anti-espionnage. Les Etats-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication, en 2010 par Wikileaks, d'une somme colossale de documents militaires et diplomatiques.

Ils accusent aussi l'Australien âgé de 47 ans, détenu à Londres et visé par une procédure d'extradition vers les Etats-Unis, d'avoir "comploté" avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent. Julian Assange est ainsi soupçonné d'avoir "aidé" et "incité" le soldat Manning "à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère", a déclaré le ministère de la Justice, en révélant 17 nouveaux chefs d'inculpation.

"C'est de la folie", a instantanément réagi l'organisation Wikileaks sur Twitter. "C'est la fin du journalisme sur les sujets de sécurité nationale et la fin du premier amendement" de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression, a-t-elle ajouté.

Menace sur la liberté de la presse? 

Cette inculpation "pose une menace directe à la liberté de la presse et au journalisme d'investigation", a renchéri Reporters sans frontières (RSF), tandis que l'organisation Freedom of the Press évoquait "un grand danger pour les journalistes".

"Le ministère prend au sérieux le rôle des journalistes dans notre démocratie, mais Julian Assange n'est pas un journaliste", a rétorqué, lors d'une conférence de presse, John Demers, responsable des questions de sécurité nationale au ministère de la Justice. "Aucun journaliste responsable ne publierait sciemment les noms de sources confidentielles en zones de guerre, sachant que cela les exposerait au plus grand danger", a-t-il justifié.

Pour rappel, suite à une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été interpellé le 11 avril à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il s'y était réfugié en 2012, en partie pour fuir la justice américaine après la publication par Wikileaks de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. 

Par ailleurs, la justice suédoise a rouvert des poursuites pour viol à l'encontre de Julian Assange, qui nie toute agression.

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