"Attention à une baisse excessive des budgets militaires"

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen devait lancer une nouvelle mise en garde vendredi contre les réductions budgétaires excessives que pourraient décider les alliés européens des Etats-Unis dans le secteur militaire.

"Il y a un moment où on ne taille plus dans le gras, mais dans le muscle et ensuite dans l'os", a prévenu le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen dans un discours sur le futur "concept stratégique" de l'Otan qu'il doit prononcer à Bruxelles et dont des extraits ont été diffusés par ses services.

Rédigé par M. Rasmussen, le nouveau "concept stratégique" est actuellement débattu par les 28 pays alliés dans la perspective de son adoption par leurs dirigeants au sommet de l'Otan prévu les 19 et 20 novembre à Lisbonne.

La plupart des pays européens, y compris le Royaume-Uni, qui avait jusqu'ici le premier budget militaire d'Europe, ont décidé, au nom de la rigueur, d'annuler ou de reporter des programmes d'équipement militaire.

Disant "comprendre" qu'"à cause de la crise financière" les alliés "n'ont pas le choix", M. Rasmussen affirme cependant une fois de plus que ces baisses de budget "ne peuvent pas aller trop loin".

"Nous devons éviter de réduire ces dépenses au point qu'à l'avenir nous ne soyons plus en mesure de défendre notre sécurité, dont dépend notre prospérité économique", s'alarme-t-il.

"Nous ne pouvons en arriver à une situation où l'Europe ne pourrait plus peser en matière de sécurité", ajoute-il.

En effet, il en résulterait, selon lui, que "le traité de Lisbonne, que je soutiens résolument, serait une coquille vide. Et les Etats-Unis chercheraient ailleurs un partenaire pour les affaires de sécurité".

"Un prix que nous ne pouvons nous permettre", estime-t-il.

Entré en vigueur en décembre 2009, le traité de Lisbonne prévoit un approfondissement de la coopération militaire entre les 27 pays de l'Union européenne, dont 21 appartiennent aussi à l'Otan.

Le ministre français de la Défense Hervé Morin avait plaidé récemment dans le même sens le 24 septembre à Gand (nord de la Belgique), en évoquant devant ses collègues de l'UE le risque d'un "condominium sino-américain" sur le monde si les Européens baissaient trop la garde.

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