Au Canada, Justin Trudeau défend un plan ambitieux et dépensier

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Lors du discours du Trône et d'une allocution à la nation, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a voulu rassurer ses compatriotes, alors que le pays est touché par une deuxième vague de Covid.

Les gendarmes royaux, tuniques rouges, masques assortis à leurs pantalons noirs, sont au garde-à-vous à Ottawa, à l'entrée de l'édifice du Sénat. Conformément à la tradition canadienne, la Gouverneure générale, Julie Payette, lit le Discours du Trône de Justin Trudeau, devant les sénateurs et aux côtés du Premier ministre.

Au-delà du protocole, rarement une telle allocution n'a duré aussi longtemps – près d'une heure –et n'a promis autant aux Canadiens. Après avoir rappelé le contexte de la pandémie et assuré que "protéger les Canadiens est la priorité absolue", la représentante de la Reine Elisabeth II au Canada a donné le ton: "L'heure n'est pas à l'austérité". Julie Payette, ancienne astronaute, a alors égrené les mesures de soutien à l'économie. Le gouvernement a ainsi promis une aide aux entreprises en cas d'un très probable reconfinement, mais aussi un maintien de leurs subventions pour la masse salariale jusqu'à l'été prochain.

Justin Trudeau estime, non sans raisons, que son pays "est en meilleure santé financière que ses pairs". Outre des mesures non chiffrées de soutien aux entreprises, le Premier ministre veut, comme lors de la première vague, aider financièrement les Canadiens à travers une bonification de l'assurance chômage. Ceux qui n'y ont pas droit bénéficieront d'une prestation de soutien spécifique.

Justin Trudeau s'est donné une tâche insurmontable: satisfaire tout le monde en aidant entre autres les agriculteurs, les autochtones, les jeunes, les minorités visibles ou les parents. La liste est longue et titanesque. Le gouvernement ne veut toutefois pas se contenter de mesures d'aides. Il promet de créer un million d'emploi pour rebâtir le Canada.

Un contexte déficitaire

"Les faibles taux d'intérêt font que nous pouvons nous le permettre."
Justin Trudeau
Premier ministre du Canada

Si le Premier ministre promet de développer les infrastructures, les énergies vertes, de créer des services de garde universel, il ne donne aucune piste pour les financer. À ceux qui lui reprochent d'avoir laissé filer le déficit budgétaire, plus de 343 milliards de dollars canadiens en 2020 (220 milliards d'euros), Justin Trudeau a rétorqué dans un discours à la nation mercredi soir: "Les faibles taux d'intérêt font que nous pouvons nous le permettre, avant d'ajouter qu'à défaut d'emprunter la récession sera pire.

Le nouveau chef de l'opposition conservatrice, Erin O'Toole, a brocardé le discours de Trudeau. "Nous avons besoin d'emplois, pas de belles paroles", a t-il dit. A l'instar d'Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, deuxième parti d'opposition, Erin O'Toole ne votera pas la confiance au gouvernement Trudeau. Si le Parti néo-démocrate ne vote pas aux côtés de Justin Trudeau, dont le gouvernement est minoritaire, les Canadiens devront aller voter dans quelques semaines. Un autre défi pour Justin Trudeau.

Le pays en chiffres clés

37 millions d'habitants.

Produit intérieur brut (PIB) en 2019 : 1.551 milliards d'euros.

9.200 décès dus au coronavirus.

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