Aung San Suu Kyi à nouveau inculpée par la junte birmane

Les manifestants contre le coup d'État se protègent avec des boucliers contre les tirs de la police, dimanche à Rangoon. ©Photo News

Les manifestations contre le coup d'État continuent en Birmanie après un weekend sanglant. Aung San Suu Kyi a été accusée de deux nouvelles infractions.

La dirigeante déchue Aung San Suu Kyi a été inculpée lundi pour deux nouvelles infractions, alors que les manifestations contre le coup d'État perpétré par la junte militaire se poursuivent en Birmanie. Le prix Nobel de la paix, 75 ans, comparaissait le jour même par vidéoconférence devant un tribunal. C'était sa première apparition publique depuis son arrestation. La prochaine audience est prévue le 15 mars. Ses avocats n'ont toujours pas été autorisés à la rencontrer.

Aung San Suu Kyi est désormais inculpée pour violation d'une loi sur les télécommunications et "incitation à la révolte". Elle avait déjà été accusée d'utilisation frauduleuse de talkies-walkies et de violation de restrictions liées au coronavirus.

"Policiers et militaires ont utilisé à l'encontre de ces manifestants non violents des armes létales et non-létales."
Ravina Shamdasani
Porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU

Malgré la peur de représailles, des milliers de personnes ont défilé lundi à Rangoun, la capitale économique, et dans la plupart des villes du pays, pour protester contre le coup d'État et l'arrestation d'Aung San Suu Kyi.

La police tire à balles réelles

La Birmanie est plongée dans le chaos depuis la prise de pouvoir par l'armée. Les manifestations sont devenues quotidiennes et de plus en plus violentes. La police réplique par des tirs de lacrymogènes, de projectiles en caoutchouc et parfois à balles réelles. Selon l'ONU, au moins 18 personnes auraient été tuées dimanche lors des manifestations.

"Tout au long de ce dimanche, en plusieurs endroits du pays, policiers et militaires ont utilisé à l'encontre de ces manifestants non violents des armes létales et non-létales, faisant - selon des informations crédibles reçues par le Haut commissariat aux droits de l'Homme - au moins 18 morts et plus de 30 blessés", dénonce Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU.

23
morts
Au moins 23 personnes ont déjà été tuées lors des manifestations en Birmanie. Plus de 1.100 personnes ont été arrêtées.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a qualifié de "violence abominable" la répression menée par les militaires.

Au moins 23 personnes ont déjà été tuées lors des manifestations. Plus de 1.100 personnes ont été arrêtées.

Condamnations internationales

Le coup d'État et la répression militaire ont été condamnés à plusieurs reprises par la communauté internationale. L'Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis ont imposé des sanctions contre les militaires responsables du putsch.

Le réseau social Facebook a fermé tous les comptes liés à l'armée birmane, en raison de l'utilisation par la junte de "violences meurtrières" contre les manifestants.

Samedi, la junte militaire a démis de ses fonctions son ambassadeur à l'ONU après que celui-ci a fait appel à la communauté internationale pour faire cesser le coup d'État.

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