Publicité

Avion Ryanair détourné par la Biélorussie: l'OACI lance une enquête

L’avion Ryanair détourné vers la Biélorussie atterrissant à l'aéroport de Vilnius, le 23 mai 2021 ©REUTERS

L'OACI veut déterminer si le régime biélorusse a violé le droit international. De son côté, le président Loukachenko doit s'entretenir, ce vendredi, avec son homologue russe, Vladimir Poutine.

Les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis avaient appelé, mercredi, l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) "à enquêter d'urgence" sur le détournement de l'avion Ryanair par la Biélorussie. Un appel qui semble avoir été entendu par l'agence onusienne, qui a décidé, jeudi, d'ouvrir une "enquête factuelle" sur l'incident. L'OACI produira un rapport intermédiaire d'ici au 25 juin, a déclaré le ministre irlandais des Transports Eamon Ryan.

La décision de l'OACI aurait fait réagir la Russie et la Chine. Selon Reuters, qui cite deux sources proches de la réunion, les deux pays ont tenu, en effet, à souligner leur opposition à l'ouverture d'une telle enquête.

"Il est important d'établir les faits sur ce qu'il s'est passé et de comprendre s'il y a eu violation du droit international de l'aviation par un État membre de l'OACI."
OACI

Selon ces mêmes sources, la Russie aurait accusé l'Occident d'hypocrisie. Elle aurait notamment déclaré que l'incident de Minsk n'est pas un acte isolé, rappelant que, selon certains rapports, Washington aurait fait atterrir en Autriche, en 2013, un avion censé transporter Edward Snowden.

La Chine aurait, pour sa part, simplement plaidé pour un délai supplémentaire avant de prendre des mesures.

"Établir les faits"

La décision de l'OACI a été prise, jeudi, lors d'une réunion d'urgence à huis clos de son organe directeur, durant laquelle étaient convoqués les 36 représentants diplomatiques du Conseil.

L'agence onusienne y a rappelé "l'importance d'établir les faits sur ce qu'il s'est passé et de comprendre s'il y a eu violation du droit international de l'aviation par un État membre de l'OACI, y compris de la Convention (de Chicago, NDLR) sur l'aviation civile internationale et de ses annexes".

Elle a également appelé "tous les États membres de l'OACI et les autres parties prenantes concernées à collaborer à cette enquête", qui sera menée par le secrétariat de l'OACI.

Aucun pouvoir de sanctions

Le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'avoir détourné, dimanche dernier, un appareil de Ryanair pour arrêter un opposant qui était à son bord, au moyen d'un avion de chasse. Un acte qui lui a valu des sanctions européennes, dont la fermeture de l'espace aérien de l'UE. Les Vingt-Sept ont également appelé à ne plus survoler le territoire de la Biélorussie.

"Chaque État contractant convient de ne pas employer l'aviation civile à des fins incompatibles avec les buts de la présente convention."
Convention de Chicago

En réaction, l'agence onusienne, qui n'a aucun pouvoir de sanctions, avait fait part de sa "profonde inquiétude". En cas de violation avérée des règles internationales, le rôle de l'OACI consiste simplement à "aider les pays qui le voudraient à mener les discussions, à prononcer les condamnations, à appliquer les sanctions, etc., conformément à la Convention de Chicago", rappelle, en effet, l'organisation sur son site.

La Convention de Chicago de 1944, dont Minsk est signataire depuis 1993, établit les règles de l'aviation civile internationale. Le texte indique que "chaque État contractant convient de ne pas employer l'aviation civile à des fins incompatibles avec les buts de la présente convention".

Rencontre avec Poutine

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé, de son côté, avoir "agi légalement" face à une alerte à la bombe. En outre, la Biélorussie a invité, mardi, les organisations internationales à venir établir "les circonstances" du détournement de l'avion par Minsk.

La Biélorussie peut déjà se targuer du soutien sans faille de son allié russe. Alexandre Loukachenko doit être accueilli, ce vendredi, par Vladimir Poutine dans sa résidence d'été de Sotchi, sur les bords de la mer Noire, dans le sud de la Russie.

La raison officiellement invoquée? "L"intégration" entre les deux ex-républiques soviétiques, un projet que Moscou caresse de longue date, et de leurs "projets communs, notamment économiques", selon le site du Kremlin.

Mais le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a d'ores et déjà donné le ton, jeudi, en insistant sur le fait que l'Occident devait "cesser de diaboliser ceux qu'il n'aime pas".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés