Brexit: Boris Johnson ne fléchit pas

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Le Premier ministre britannique affirme que les négociations commerciales avec l’Union européenne, qui n’ont guère avancé à l’occasion du sommet européen, sont terminées. Elles se poursuivront pourtant la semaine prochaine, à flux tendus...

L’accueil qui sera réservé au négociateur européen Michel Barnier, lundi à Londres, lors d’une nouvelle session de négociations, sera plus froid que les précédents.

C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Boris Johnson, dans une journée où il était autant question de la crise aiguë du coronavirus que de la préparation du no deal.

Le Premier ministre a opté pour un astucieux “ni-ni”, à savoir: ni ouverture ni fermeture.

Le Premier ministre a opté pour un astucieux "ni-ni", à savoir: ni ouverture ni fermeture, consistant à indiquer que les négociations commerciales sont terminées mais que le Royaume-Uni reste ouvert à la discussion pour les questions pratiques liées à la fin de la période de transition, le 31 décembre… ou si l'UE fait des concessions européennes sur les trois dossiers qui bloquent l’ensemble du processus, à savoir la pêche, les aides d’État et la gouvernance.

La pêche représente à peine 0,15% du PIB britannique, mais reste le principal point de blocage des négociations, à seulement dix semaines de la fin de la période de transition.

"La pêche est un sujet qui est utilisé tactiquement par les Britanniques parce qu’en cas de no-deal, c’est le seul sujet sur lequel Boris Johnson peut dire ‘j’ai gagné’."
Emmanuel Macron
Président français

"La pêche est un sujet qui est utilisé tactiquement par les Britanniques parce qu’en cas de no-deal, c’est le seul sujet sur lequel Boris Johnson peut dire 'j’ai gagné'", a assuré Emmanuel Macron en conférence de presse. Le président français a également fait sienne une idée souvent utilisée côté britannique, selon laquelle un mauvais accord serait plus grave qu’un non-accord.

De nouveau, sa position dure est apparue en contradiction avec la volonté de conciliation affichée par Angela Merkel et Michel Barnier. Une différence d’approche – stratégique ou involontaire – qui est déjà apparue à maintes reprises, notamment au printemps 2019, où le président français avait exigé qu’une extension très courte soit accordée, alors que la chancelière allemande souhait une extension longue.

Deux semaines de plus

Il s’est toutefois aligné sur la position commune européenne, à savoir la nécessité de se donner deux semaines de plus pour trouver un terrain d’entente.

Le Royaume-Uni ne peut donc pas refuser la poursuite du dialogue dès lors que celle-ci est expressément offerte. Alors que le président du conseil européen Charles Michel a mis sous pression le Royaume-Uni sur l’obligation de respecter l’accord de retrait – qu’une loi britannique en cours d’examen pourrait enfreindre – Boris Johnson a d'ailleurs patte blanche en affirmant que le Royaume-Uni avait respecté la loi européenne pendant la période de transition et honoré ses engagements financiers liés au divorce. Manière de rappeler qu'il reste un excellent partenaire potentiel, au-delà des manœuvres de négociations parfois grossières. 

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