Brexit: "Il reste encore quelques mètres avant la ligne d'arrivée"

Selon la présidente de la Commission européenne, des progrès ont été enregistrés ces derniers jours dans les négociations de la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni. ©AFP

Les négociations d'un accord commercial entre le Royaume-Uni et l'UE ont quelque peu progressé ces derniers jours, mais le temps presse. Le Premier ministre belge Alexander De Croo demande à l'UE d'intensifier les préparatifs en vue d'un "no-deal".

À moins de six semaines de la date fatidique, les négociations d'un accord sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) n'ont toujours pas abouti. Vendredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait état de "progrès" réalisés durant les derniers jours de négociations. Mais il reste encore du chemin avant d'accorder les deux parties. Des blocages subsistent sur trois dossiers litigieux, selon une source diplomatique. La pêche, la garantie d'une concurrence équitable et la manière de régler les différends à venir. Les négociations doivent aboutir pour le 31 décembre, date de la fin de la période de transition qui a suivi la sortie formelle du Royaume-Uni de l'UE.

"Après des semaines difficiles, et des avancées très lentes, nous avons vu ces derniers jours davantage de progrès et de mouvement sur des dossiers importants", a déclaré Ursula von der Leyen. "Par exemple, des progrès ont été réalisés sur les aides d'État. Mais il reste encore quelques mètres avant la ligne d'arrivée, il y a encore beaucoup de travail à faire."

"Après des semaines difficiles, et des avancées très lentes, nous avons vu ces derniers jours davantage de progrès et de mouvement sur des dossiers importants."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Dès le début de la semaine, il était clair que les négociateurs n'aboutiraient pas à un accord en quelques jours. Jeudi, les pourparlers ont été suspendus au plus haut niveau "pour une courte période", suite à la découverte d'un cas de coronavirus au sein de l'équipe européenne. Ce n'est pas la première fois qu'un pareil scénario se présente, mais l'événement survient alors que l'échéance est proche et que chaque jour compte. Les discussions se sont poursuivies par vidéoconférence, un format moins adapté à une situation de crise.

Le vent tourne pour Boris Johnson

Le Royaume-Uni et l'UE se disent résolus à conclure un accord commercial avant la fin de l'année. Depuis l'élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis, le Premier ministre britannique Boris Johnson a perdu un puissant allié, Donald Trump, dans la course au Brexit. Le vent a tourné, Joe Biden, partisan du multilatéralisme, n'apprécie pas le Brexit. L'obsession du Premier ministre britannique de faire voter une loi reniant l'engagement européen sur le statut de l'Irlande du Nord a encore plus braqué le président élu. C'est probablement pour cette raison que Boris Johnson a écarté les plus durs partisans du Brexit pour se concentrer sur l'aboutissement des négociations.

Il reste néanmoins beaucoup de progrès à réaliser. "Les questions liées à la pêche dans les eaux britanniques et aux règles de concurrence équitable sont les plus complexes à trancher", selon une source proche des négociations. Le Royaume-Uni aurait proposé la création d'un régulateur concernant les aides d'État, mais la proposition ne serait pas assez ambitieuse aux yeux des Européens.

"Les questions liées à la pêche dans les eaux britanniques et aux règles de concurrence équitable sont les plus complexes à trancher."

Intensifier les préparatifs en cas de no-deal

Face à cette impasse, trois États, la France, la Belgique et les Pays-Bas, ont insisté jeudi soir lors du Conseil européen pour que l'UE intensifie les préparatifs d'un Brexit sans accord au cas où les négociations n'aboutiraient pas. Le Premier ministre belge Alexander De Croo a estimé lors du sommet que "les négociations avaient déjà dépassé de loin leur échéance initiale".

Trois scénarios sont possibles pour la fin de cette année. Les parties concluent un accord à temps pour garantir la poursuite des échanges commerciaux dans les conditions actuelles. Un désaccord, qui provoquerait une rupture économique brutale et sans doute tumultueuse. Un compromis partiel, qui préciserait les règles des échanges dans certains domaines en laissant de côté les points les plus délicats.

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