Bruxelles en quasi-état de siège pour la visite de Trump

Air Force One, lors de l'arrivée de Trump en Israël, ce 22 mai 2017. ©EPA

Le Président US arrive chez nous dans le cadre d’un sommet de l’Otan qui réunira 29 chefs d’État. Durant 2 jours, une partie de capitale vivra au ralenti.

Plus qu’une fois dormir avant le "Trump Show" et le sommet de l’Otan. Mercredi et jeudi, une partie importante de la capitale sera circonscrite au sein d’un dispositif ultra-sécuritaire pour l’occasion. Voici l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur cette visite présidentielle hors normes.

"Nous allons plaider un soutien au multilatéralisme."
Charles Michel
premier Ministre belge

Un programme concentré sur 24 heures. Si la venue à Bruxelles de Barack Obama en 2014 avait largement été qualifiée de "saut de puce", celle de son successeur ne sera guère plus longue. L’arrivée de l’avion du Président US est prévue dans l’après-midi, sur le tarmac de Melsbroek. Direction ensuite le Palais Royal (après 15h), pour une visite protocolaire au roi Philippe et à la reine Mathilde. Au tour de Charles Michel de s’entretenir ensuite avec le Président. L’enjeu climatique devrait s’inviter à la table des discussions, a fait savoir le Premier ministre la semaine passée, ajoutant: "Nous allons plaider un soutien au multilatéralisme." L’endroit où le couple présidentiel ira ensuite passer la nuit reste quant à lui confidentiel. Il pourrait s’agir de The Hotel (ancien Hilton), situé sur le boulevard de Waterloo, mais aussi (et plus probablement?) de la résidence de l’ambassade américaine. À noter que le dernier président à y avoir séjourné était Georges W. Bush, en 2005.

Le jeudi 25, la journée de Trump commencera par une rencontre avec les hauts dirigeants européens, au Conseil de l’UE. Il est prévu qu’il s’entretienne avec Jean-Claude Juncker, Donald Tusk, Antonio Tajani et Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne. Il dînera ensuite avec Emmanuel Macron, avant de se rendre au nouveau siège de l’Otan, qui sera inauguré en grande pompe. Une réunion et un repas entre chefs d’État des pays membres sont au programme. Le convoi présidentiel prendra enfin le chemin de l’aéroport dans la soirée, pour s’envoler vers la Sicile où se tiendra le sommet du G7 jusqu’à samedi.

Durant le sommet de l’Otan, Melania Trump visitera le Musée Magritte aux côtés d’Amélie Derbaudrenghien, la compagne de Charles Michel. L’hypothèse de la présence de la secrétaire d’État Zuhal Demir, qui s’était targuée d’avoir été intégrée au programme dans les médias flamands, a depuis été démentie.

©MEDIAFIN

Une sécurité qui ne laisse pas de place à l’imprévu

Connu pour ne pas lésiner sur sa sécurité personnelle ainsi que sur celle de ses proches, Donald Trump sera accompagné par les services secrets américains, qui assureront sa protection rapprochée. Côté belge, c’est la zone de police Bruxelles-Ixelles (PolBru), habituée à gérer des événements de grande ampleur, qui sera aux manettes, même si la supervision générale de tous les aspects liés à la sécurité sera gérée par le Centre de crise.

Une source policière parle de 2.500 policiers mobilisés dans ce cadre, mais les chiffres parus dans la presse ces derniers jours varient entre 2.000 et 3.100 unités. Il est d’ores et déjà prévu que près de cent policiers luxembourgeois viennent également prêter main-forte à la police belge, tout comme des policiers néerlandais spécialisés dans l’élimination de drones. Si la sécurité autour des grands de ce monde s’annonce maximale, c’est plutôt pour le maintien de l’ordre dans le cadre des deux manifestations (voir infographie) annexes à la venue de Trump et du sommet de l’Otan, que craignent les forces de sécurité belges.

Il faudra également compter sur le facteur "Erdogan" dans les prochains jours. Le Président turc, qui jouit des faveurs d’une majorité de la population belgo-turque, arrivera lui aussi le 24. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur a d’ores et déjà fait savoir qu’il avait refusé d’accorder une autorisation de rassemblement sollicité par l’UETD (l’Union des Turcs démocrates d’Europe, principal soutien du président dans les pays d’Europe de l’ouest) sur la Place Stéphanie. Mais, rapporte cette source belgo-turque, plusieurs appels sur les réseaux sociaux invitent les partisans du Président à se déplacer malgré tout pour lui marquer leur sympathie, soit sur la Place Stéphanie, soit à l’aéroport.

Une ville au ralenti pendant deux jours

Cela a été répété au cours des derniers jours: se rendre en voiture à Bruxelles est plus que jamais déconseillé. Des axes importants seront soustraits à la circulation, indique PolBru, comme le périmètre classique "Schuman", ainsi que les alentours du siège de l’Otan, les environs de la Place des Palais, du boulevard de Waterloo et la petite ceinture en surface entre la Place Louise et Arts-Loi. Il y aura également des coupures de circulation importantes dans la rue Ducale, la rue de la Loi et la rue Belliard.

"La police procédera à l’enlèvement de tous les véhicules, en ce compris les vélos et les motocyclettes, qui se trouvent dans les zones interdites au stationnement", fait savoir PolBru, qui demande de privilégier les transports en commun durant ces deux jours. Ceux-ci seront malgré tout également perturbés dans le cadre du sommet: dès mercredi après-midi, les accès de certaines stations de métro seront réduits. Jeudi, la station Schuman sera complètement fermée. Plusieurs lignes de trams et de bus opérant entre l’aéroport de Zaventem et le centre de Bruxelles seront aussi déviées.

Le "Trump Tour" en quelques images

"Que votre premier voyage dans notre région puisse être une étape historique sur le chemin de la réconciliation et de la paix", lui a déclaré Benjamin Netanyahu, en disant "tendre la main à tous nos voisins, dont les Palestiniens". ©AFP
Sur le plan des symboles, le président américain est allé prier sur le mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem conquise par Israël durant la guerre des Six-Jours, en 1967 - une première pour un président américain. ©AFP
Au mur des Lamentations, la femme et la fille de Donald Trump, Melania et Ivanka, qui est aussi sa conseillère à la Maison Blanche, se sont rendues dans la partie réservée aux femmes. ©REUTERS
Deuxième étape du Trump Tour, Israël et la Cisjordanie. Le couple présidentiel y est arrivé ce lundi. ©EPA
Le premier voyage de Donald Trump à l'étranger a débuté samedi par un accueil royal en Arabie saoudite et l'annonce de méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad visant en particulier à contrer les "menaces iraniennes". ©Photo News
Sabre à la main, le président US a pu apprécier l'accueil royal qui lui a été réservé. ©Photo News
Quelques secondes après l'atterrissage d'AirForce One, le roi Salmane a serré la main à Donald Trump, ainsi qu'à son épouse qui était habillée sobrement, avec les cheveux au vent, contrairement aux Saoudiennes qui sont obligées de se couvrir la tête en public. ©Photo News
Fin de l'étape saoudienne. Le couple présidentiel prend la route d'Israël. ©REUTERS
©AFP
Le président américain Donald Trump a rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, ce 23 mai 2017. ©REUTERS
Donald Trump signe le livre des invités à la résidence du président israélien Reuven Rivlin à Jérusalem. Les femmes des deux présidents, Melania et Nehama, se tiennent à leurs côtés au moment de la signature. ©AFP
Air Force One s'est posé mardi soir sur la piste de Ciampino Airport, à Rome. ©EPA
Le Président américain était attendu ce mercredi au Vatican. ©AFP
Après une poignée de main cordiale, Donald Trump grand sourire, le pape la mine beaucoup plus sérieuse, ont été longuement photographiés avant de s'assoir pour entamer à huis clos un tête-à-tête qui a duré une petite demi-heure dans la bibliothèque des appartements pontificaux. ©REUTERS
"Que lui donnez-vous à manger? Du potica?", a demandé le pape à la First Lady. Melania Trump a confirmé sans hésitation "potica!". Le pape a affirmé connaître ce dessert traditionnel slovène grâce au mari de sa nièce, un Argentin d'origine Slovène comme Melania. ©AFP
Le pape François a exhorté le Président américain à être un homme de paix. Il a attiré son attention sur le changement climatique. ©AFP
Donald Trump et son épouse Melania ont été accueillis sur le tarmac de Melsbroek par le Premier ministre Charles Michel et sa compagne, Amélie Derbaudrenghien. ©AFP
©REUTERS
De nombreux symboles étaient représentés tout au long de la marche, comme la statue de la liberté ou les bonnets de chat roses, pour faire écho au mouvement de la Women's march aux Etats-Unis, dont certains membres ont fait le déplacement à Bruxelles. ©AFP
Dans les rues de Bruxelles, des milliers de personnes ont crié leur opposition à Donald Trump à l'appel de la plateforme "Trump not welcome" et d'une septantaine d'associations, pour notamment dénoncer les politiques "discriminatoires et sexistes" du président américain. ©Photo News
Charles Michel a eu un entretien avec le président Trump "d'une petite heure" - et donc plus long que prévu dans le programme initial- dans une salle du Palais royal a été "sans tabou" "et sans langue diplomatique". ©Photo News
Le président américain Donald Trump a été reçu jeudi à Bruxelles par les présidents du Conseil et de la Commission européens, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, pour sa première rencontre avec les dirigeants d'une UE qu'il a sévèrement critiquée. ©EPA
Il s'agit de la première rencontre entre le président américain et les principaux dirigeants de l'Union européenne. Elle doit durer "environ une heure", a estimé un responsable européen, affirmant qu'il n'y avait pas de programme défini des sujets qui seront abordés. ©EPA
Le président américain Donald Trump a accueilli son homologue français Emmanuel Macron à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. ©AFP
La première dame américaine Melania Trump a visité jeudi matin l'hôpital des enfants Reine Fabiola à Laeken. Elle a participé à un cours de bricolage dans l'école de l'hôpital. ©BELGA
Première rencontre entre Trump et Macron, à l'ambassade américaine à Bruxelles. Au menu, chargé, de la rencontre prévue pour durer plus d'une heure: la réunion de l'Otan et le sommet du G7e, les crises régionales (Syrie, Ukraine et Corée du Nord, entre autres), l'économie et l'accord de Paris. ©AFP
Autre volet important de la visite de Donald Trump à Bruxelles: la réunion à l'Otan. Il a répété avec virulence son intention de voir les autres membres accroître leur contribution au budget de l'organisation. ©AFP
Les conjoints de la délégation ont retrouvé la Reine Mathilde pour une visite des serres royales. C'est la première fois que le compagnon d'un chef d'État prend la pose avec les "premières dames". Gauthier Destenay (en haut à gauche) est marié au Premier ministre luxembourgeois. ©EPA
Après Bruxelles, le Président et son épouse se sont envolés pour la Sicile afin d'assister au Sommet du G7. ©AFP
La cité sicilienne de Taormine -où se tient le G7- a fait vivre un "enfer" au service de sécurité de Trump: sa voiture blindée, "The beast" est trop grande pour les rues de la ville. Les Américains ont bien demandé d'élargir les rues mais sans succès. Le maire s'est limité à rénover leur revêtement. ©AFP

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