Charles Michel assoit sa stature internationale à la tribune de l'ONU

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Climat, développement durable, sécurité... Lors de son passage à la tribune de l'ONU ce jeudi à New York, le Premier ministre Charles Michel a taclé Donald Trump et le camp nationaliste en défendant le multilatéralisme et la coopération entre États. Un discours renforçant sa carrure internationale à quelques semaines de son entrée en fonction comme président du Conseil européen.

"Dans un monde qui change, il n’y a pas de plus grand risque que de rester immobile". C'est par ces mots de Jacques Chirac, décédé ce jour, que Charles Michel a entamé ce jeudi, peu avant 20 h, son dernier discours international de Premier ministre belge à la tribune de l'ONU. Les prochains, il les prononcera en tant que Président du Conseil européen.

Stature internationale

Dans deux mois, Charles Michel présidera les réunions des 28 dirigeants de l'Union européenne, et ça commence à se sentir. Lors de son déplacement cette semaine à New York pour la 74e assemblée générale de l'ONU, chefs d'Etat ou de gouvernement ont été nombreux à vouloir lui parler, pour le féliciter ou aborder certains dossiers.

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Rien d'étonnant que lors son passage à la tribune des Nations unies, il ait conforté sa carrure internationale, appelant les Etats à la coopération."Le progrès réside dans la coopération, européenne ou internationale", a-t-il lancé.

"Le progrès réside dans la coopération, européenne ou internationale"
Charles Michel
Premier ministre belge

Citant tour à tour Nelson Mandela, Victor Hugo, et Kofi Annan, Charles Michel a plaidé pour le multilatéralisme, opposé au repli nationaliste tel que prôné par le président américain Donald Trump et les partisans du Brexit. 

"Un multilatéralisme audacieux, courageux et entreprenant est indispensable, a martelé le Premier ministre, c’est l’avenir du genre humain qui est en jeu".

"Il ne s’agit pas de diviser, d’opposer, de régresser. Il s’agit au contraire de connecter, de rassembler, d’amplifier, de se déployer… Avec un liant plus puissant que tout : les valeurs universelles et l’Etat de droit."

Des priorités européennes

Charles Michel a exhorté les dirigeants de la planète à se concentrer sur "trois défis globaux soumettent notre humanité à l’épreuve : le changement climatique, le développement durable et, enfin, la paix et la sécurité".

Ces défis font écho aux priorités de l'Union européenne et au discours prononcé quelques minutes auparavant à la même tribune par le président du Conseil européen sortant, Donald Tusk. 

"Innovation, technologie, esprit d’initiative, liberté d’entreprendre… sont plus que jamais indispensables pour adapter nos modes de production, de consommation, de déplacement"
Charles Michel
Premier ministre belge

Face aux changements climatiques, "chaque jour plus visibles et plus destructeurs", a dit Charles Michel, appelant à "ne pas sombrer dans le catastrophisme". "Innovation, technologie, esprit d’initiative, liberté d’entreprendre… sont plus que jamais indispensables pour adapter nos modes de production,  de consommation, de déplacement", a-t-il insisté.

"Le chemin reste gigantesque pour rencontrer les objectifs du développement durable en 2030,
Charles Michel
Premier ministre belge

"Le chemin reste gigantesque pour rencontrer les objectifs du développement durable en 2030, a-t-il averti, toutes les 11 secondes, une femme enceinte ou un nouveau-né meurt dans le monde. Des centaines de millions de personnes n’ont toujours pas accès régulier à l’eau potable."

Le Premier ministre a plaidé pour l'égalité des genres, "une clé majeure pour relever les défis du développement durable".

"La situation en Syrie reste très inquiétante"

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Charles Michel s'est montré très préoccupé sur la question sécuritaire, en s'appuyant sur le travail de la diplomatie belge au Conseil de sécurité dont notre pays est membre pour la sixième fois. Les tensions dans le Golfe arabo-persique et la situation en Syrie ont occupé une place importante dans son discours. 

"Dans la région du Golfe, un climat d’escalade se développe, qui menace non seulement la stabilité régionale, mais aussi mondiale", a-t-il dit, invitant les acteurs concernés, les États-Unis, l'Iran et l'Arabie Saoudite "à la retenue et aux dialogues pour ouvrir la voie pour un avenir plus stable et sûr dans la région du Golfe"

"Le bombardement des populations civiles, des écoles et des hôpitaux ne sert pas la lutte contre le terrorisme. Au contraire, cela ne fait que l’alimenter".
Charles Michel
Premier ministre belge

Le Premier ministre s'est insurgé contre le rejet d'une résolution humanitaire proposée la semaine dernière par la Belgique qui visait à instaurer un cessez-le-feu dans la zone d’Idlib où les bombardements de les armées Russe et Syrienne menaçaient des millions de civils. 

"Nous regrettons que cette résolution ait fait l’objet d’un véto, alors qu’elle était largement soutenue, a protesté Charles Michel, le bombardement des populations civiles, des écoles et des hôpitaux ne sert pas la lutte contre le terrorisme. Au contraire, cela ne fait que l’alimenter".

Menace terroriste

"Daesh poursuit l’endoctrinement et menace des cibles innocentes et vulnérables ainsi que les forces de l’ordre"
Charles Michel
Premier ministre belge

"Nous ne sommes pas débarrassés du terrorisme, a averti le Premier ministre, la chute du califat en Irak et en Syrie ne signifie pas la fin de cette idéologie mortifère. Daesh poursuit l’endoctrinement et menace des cibles innocentes et vulnérables ainsi que les forces de l’ordre"Pour combattre cette menace, il a plaidé pour une coopération internationale renforcée.

"Un monde plus stable, plus prévisible et plus juste, c’est le rêve qu’il nous appartient de réaliser, a-t-il conclu, nous voulons pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants une planète plus saine, un cadre de vie de qualité, des droits et des libertés. Et ce rêve universel, aucune frontière ne peut l’arrêter."

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, intervenant juste après Charles Michel à la tribune de l'ONU, commença son discours en lui souhaitant "bonne chance comme futur président du Conseil européen".

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