interview

Charles Michel prévoit un rapprochement entre l'Europe et les Etats-Unis

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Le Premier ministre belge Charles Michel, futur président du Conseil européen, a constaté un changement de ton chez Donald Trump ce mardi lors de l’ouverture de l’assemblée générale des Nations unies à New York, le signe d’un rapprochement entre l’Europe et les Etats-Unis.

Nous rencontrons le Premier ministre en affaires courantes Charles Michel à l’entrée du bâtiment des Nations unies à New York, juste après le discours du président des États-Unis Donald Trump. Il accepte de réagir auprès de quelques journalistes belges au discours d’un président américain plus nationaliste et patriote que jamais, mais apparu moins agressif que par le passé envers ses alliés européens.

Ce n’est pas une surprise, dans cette "grand-messe" des dirigeants planétaires, Charles Michel a déjà un pied dans sa future fonction, la présidence du Conseil européen.

"Je constate un changement de ton chez Donald Trump, les signes d’une volonté, d’un dialogue renforcé entre les États-Unis et l’Union européenne", confie celui qui, dans deux mois, dirigera les débats entre les dirigeants européens. "Ici, à New York, j’ai eu des rencontres informelles avec différentes autorités américaines en marge des réunions. Il y a un souhait qui a été exprimé de renforcer les relations entre les États-Unis et l’Europe."

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Sur quels thèmes la relation serait-elle relancée? "Sur les questions commerciales, climatiques, géopolitiques, les relations avec les pays du sud de l’Europe, avec la Russie, la Chine. Nous allons voir si dans les mois qui viennent nous pouvons donner plus d’intensité au dialogue entre les États-Unis et l’Europe", affirme Charles Michel.

"Il y a un souhait qui a été exprimé de renforcer les relations entre les États-Unis et l’Europe."
Charles Michel
Premier ministre belge

Dans ses propos transparaît la marque de la diplomatie belge, privilégiant le dialogue à l’opposition frontale. "Nous avons des valeurs communes. C’est important que nous puissions travailler ensemble. Cela ne veut pas dire que nous sommes nécessairement d’accord sur tout. On le voit bien sur le commerce, le changement climatique, l’Iran. Il y a des différends, mais souvent on partage les mêmes objectifs, sans forcément prendre le même chemin."

Charles Michel est-il ici comme Premier ministre ou œuvre-t-il déjà comme président du Conseil? "Je suis ici comme Premier ministre pour porter la voix de la Belgique, qui traditionnellement défend la coopération internationale et le dialogue avec tout le monde, dit-il, mais il est certain que le fait d’entrer en fonction dans les prochaines semaines comme président du Conseil européen implique que nous discutons aussi ici de l’avenir du projet européen. Il y a un certain nombre de rendez-vous bilatéraux avec des États où nous évoquons leur relation avec l’Union européenne."

Rencontre avec Boris Johnson

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Le Premier ministre a rencontré son homologue britannique Boris Johnson lundi à New York en marge de l’assemblée générale de l’ONU, à deux mois du Brexit. "On a évidemment parlé du Brexit, mais nous avons convenu que nous resterions discrets sur ce passage pour ne pas dire des choses qui compliqueraient un sujet déjà complexe", lâche Charles Michel.

"Il y a une situation au Royaume-Uni qui est complexe, la relation entre le Premier ministre et les ministres n’est pas simple."
Charles Michel
Premier ministre belge

"J’espère que des progrès substantiels seront réalisés en octobre, mais il est possible qu’après octobre il faille continuer de parler de la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il y a une situation au Royaume-Uni qui est complexe, la relation entre le Premier ministre et les ministres n’est pas simple."

"Nous avons besoin d’un multilatéralisme fort"

Comme Donald Trump, le président brésilien Jair Bolsonaro, intervenu en premier à la tribune de l’ONU, s’en est pris au multilatéralisme. "Ce n’est pas une surprise, c’est un discours auquel nous nous attendions, réagit Charles Michel, nous avons besoin d’un multilatéralisme fort, une coopération forte entre les différents États pour relever ensemble les défis globaux, la lutte contre le terrorisme, les changements climatiques, développer la capacité de créer de l’emploi dans les différents pays. Nous avons besoin de plus de stabilité, de sécurité, ce sont des défis qu’aucun pays, même le plus puissant, ne peut relever seul."

Changements climatiques et insécurité grandissante

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"Il existe clairement un lien entre les changements climatiques et l’insécurité grandissante."
Charles Michel
Premier ministre belge

"Je suis dans le camp de ceux qui disent qu’on doit agir plus vite et plus fort, dit-il, c’est pourquoi je vais proposer au parlement belge de doubler notre participation à la lutte contre le réchauffement climatique, qui est probablement une des menaces les plus graves auxquelles l’humanité est confrontée. Il existe clairement un lien entre les changements climatiques et l’insécurité grandissante."

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