"Comment osez-vous? Vous m'avez dérobé mes rêves et mon enfance" (Greta Thunberg)

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Une soixantaine d'Etats sont réunis lundi à New York pour un sommet sur le climat en marge de l'ouverture de l'assemblée générale des Nations unies. La militante écologique Greta Thunberg a interpellé durement les leaders mondiaux.

"Si nous ne modifions pas immédiatement notre mode de vie, c’est notre vie même que nous hypothéquons", a déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, ce lundi à l'ouverture du sommet Action climat à New York. "Les canicules sont étouffantes, les catastrophes naturelles se multiplient, les tempêtes sont de plus en plus violentes."

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Les dirigeants d’une soixantaine de pays se sont réunis à New York pour s’engager à lutter contre les changements climatiques. Ce nombre représente à peine la moitié des 136 chefs d’État ou de gouvernement qui seront présents cette semaine à New York pour l’ouverture de la 74e assemblée générale des Nations unies.

Donald Trump a fait une apparition surprise au sommet sur le climat ©REUTERS

Les États-Unis, le plus gros pollueur de la planète, avaient annoncé qu'ils seraient absents du sommet, mais le président américain Donald Trump a finalement consenti à se présenter quelques instants.

Le Brésil, dont la forêt amazonienne a connu de graves incendies cet été, et l’Australie, grand consommateur de charbon, ont refusé de participer.

"Comment osez-vous?" (Thunberg)

Nous sommes au début d'une extinction de masse et tout ce dont vous parlez c'est d'argent, de croissance économique de masse.
Greta Thunberg

La militante écologique Greta Thunberg a pris la parole à la suite d'Antonio Guterres. Ses paroles ont été particulièrement dures envers les leaders mondiaux, qu'elle accuse, comme les millions de jeunes qui ont manifesté dans le monde vendredi dernier, de faire payer aux jeunes générations le prix de la pollution.

"Comment osez-vous? Vous m'avez dérobé mes rêves et mon enfance avec vos paroles sans sens, a lancé Greta Thunberg aux dirigeants, nous sommes au début d'une extinction de masse et tout ce dont vous parlez c'est d'argent, de croissance économique de masse. Comment osez-vous? Cela fait plus de trente ans que les scientifiques nous ont avertis."

La lutte contre les changements climatiques peine à avancer, alors que 59 pays sur les 195 signataires de l’Accord de Paris de 2015 se sont engagés à revoir à la hausse leurs objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre. 

"Si vous compreniez véritablement la situation et que vous ne changez rien, dans ce cas vous êtes maléfique, et je n'ose y croire, a poursuivi Greta Thunberg, vous échouez, et les jeunes commencent seulement à comprendre que vous les avez trahis."

Le discours de Greta Thunberg à l'ONU

L'intervention de la jeune Suédoise a été saluée par un tonnerre d'applaudissements. Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le Pape François, depuis le Vatican, sont ensuite intervenus,en soulignant l'urgence d'une action en faveur du climat.

Je proposerai au parlement de doubler nos contributions globales en matière de changement climatique.
Charles Michel
Premier ministre

Le Premier ministre belge en affaires courantes Charles Michel s'est engagé à accroître la contribution de la Belgique à l'effort climatique. "La Belgique est prête à revoir ses contributions nationales d'ici 2020, a-t-il dit, nous voulons atteindre la neutralité climatique à l'horizon 2050."

"Je proposerai au parlement de doubler nos contributions globales en matière de changement climatique", a affirmé Charles Michel.

"Accords commerciaux à zéro émission" (Macron)

Le président Macron a insisté pour accélérer le changement, en atteignant la neutralité carbone d'ici 2050. Il a aussi plaidé pour des réductions accrues pour 2030.

"Nous devons changer nos habitudes pour agir ensemble" a-t-il dit, "on a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses, à mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger, Etat et entreprises".

Emmanuel Macron s'est dit opposé à l'ouverture de nouvelles négociations commerciales de l'Union européenne avec les pays qui ne rejoignent pas l'effort climatique. Il s'est dit en faveur d'"accords commerciaux à zéro émission".

"On ne négocie pas avec la nature" (Guterres)

Antonio Guterres a insisté pour que les gouvernements augmentent leurs efforts dans la lutte contre le réchauffement planétaire. "Nous ne sommes pas ici pour négocier, on ne négocie pas avec la nature. Ce sommet est le sommet de l’action pour le climat", a-t-il affirmé.

D’après l’ONU, 66 États ont promis, juste avant ce sommet à New York, de remplir l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Ils ont convenus de tout mettre en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effets de serre de 45% d’ici 2030 afin de limiter d’ici la fin du siècle la hausse des températures de 1,5°C.

"Il est essentiel que tous les 100 milliards de dollars par an de fond publics et privés soient versés comme prévu pour soutenir les pays les émergents dans leur effort climatique", ajoute le secrétaire général. Le président français Emmanuel Macron a également insisté pour que ce "fond vert" soit mis en oeuvre. 

Ce sommet prépare la future conférence sur le climat COP 26 à Glasgow en 2020. Lors de cette conférence, les États devraient soumettre aux Nations unies leurs objectifs révisés à la hausse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Une centaine de grandes entreprises sont également présentes à ce sommet.

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