Concentration record de CO2 dans l'atmosphère...

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La quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a atteint l'an dernier un nouveau record. Et rien n'indique une inversion de tendance, déplore l'Organisation météorologique mondiale, une agence de l'ONU.

"La science est claire. Sans réduction rapide du CO2 et des autres gaz à effet de serre, le changement climatique aura des conséquences de plus en plus destructrices et irréversibles pour la vie sur Terre. La fenêtre d'opportunité pour agir est pratiquement refermée", déplore Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM (Organisation météorologique mondiale), une agence de l'Onu.

Les gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement climatique, ont en effet franchi de nouveaux pics de concentration dans l'atmosphère en 2017, indique le rapport de cette organisation. 

• Que faire?

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Il y a bien la COP 24 sur le climat qui doit se tenir du 3 au 14 décembre à Katowice en Pologne. La communauté internationale doit y finaliser l'accord de Paris pour atteindre l'objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, voire à 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. L'accord incite les pays à revoir à la hausse leurs engagements, qui à ce stade conduisent le monde bien au-delà de 3°C.

Mais l'on connaît les résultats concrets de ce type de sommet... "La tendance est inquiétante. Il y a une différence entre l'ambition et la réalité", a reconnu le professeur Pavel Kabat, directeur du Département de la recherche à l'OMM.

•  Quelle est réellement l'ampleur du problème?

Le CO2 persiste pendant des siècles dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans l'océan. Or, nous n'avons pas de baguette magique pour faire disparaître l'ensemble de cet excédent de CO2 atmosphérique.
Elena Manaenkova
secrétaire générale adjointe de l'OMM

Les gaz à effet de serre captent une partie du rayonnement solaire traversant l'atmosphère, qui de ce fait se réchauffe. Ce phénomène, appelé "forçage radiatif" par les experts, s'est accru de 41% depuis 1990. Les concentrations dans l'atmosphère de dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d'azote (N2O), trois gaz à effet de serre, ont encore progressé l'an dernier.

 Le CO2 est de très loin le principal responsable de ce réchauffement. Sa concentration dans l'atmosphère a atteint 405,5 parties par million (ppm) en 2017, une hausse de 2,2 ppm inférieure à celle enregistrée en 2016 (+3,2 ppm), période pendant laquelle avait été observé un puissant épisode El Niño, qui avait entraîné des épisodes de sécheresse dans les régions tropicales et avait réduit la capacité des forêts et de la végétation à absorber le CO2.

La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel.
Petteri Taalas
secrétaire général de l'OMM


→ Le méthane, qui figure au deuxième rang des plus importants gaz à effet de serre persistants, a atteint aussi un nouveau pic en 2017, représentant 257% du niveau qu'il avait à l'époque préindustrielle.

→ Le CFC-11 . Les experts ont aussi observé l'an dernier une recrudescence "inattendue" d'un puissant gaz à effet de serre réduisant la teneur en ozone, le CFC-11 (trichlorofluorométhane), dont la production est régie par un accord international visant à protéger la couche d'ozone.

A savoir

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère dépendent des quantités émises mais aussi des interactions complexes qui se produisent entre l'atmosphère, la biosphère, la lithosphère, la cryosphère et les océans. L'océan absorbe aujourd'hui environ le quart des émissions totales et la biosphère un autre quart.

Karachi s'efface sous les gaz polluants ©AFP

 

 

 

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