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Concurrence ou coopération? Le cas de l’environnement

Le multilatéralisme et la coopération sont les conditions sine qua non pour combattre le changement climatique. Le chacun pour soi n’y pourra rien.

S’il existe un marché concurrentiel (ce qui n’est pas si fréquent et dépend surtout des secteurs d’activité – Horeca, PME, industries lourdes…), la théorie économique dit que la concurrence est bénéfique à la fois aux consommateurs et aux producteurs.

Contrecarrer la concurrence, c’est organiser des monopoles (côté offre) ou des oligopoles (côté demande) qui peuvent influencer le marché à leur avantage et donc au détriment des consommateurs et du bien-être collectif.

Thierry Bréchet. ©doc

Lorsqu’il n’existe pas de marché concurrentiel, la théorie suggère une solution alternative : la coopération. C’est notamment le cas pour une économie locale, par exemple pour la création de coopératives, des levées de fonds pour construire un ouvrage collectif, pour la préservation d’une réserve naturelle ou la construction d’une éolienne dans un village. Ceux-ci sont des biens collectifs locaux, et les autochtones se mobilisent souvent (mais pas tous) pour de tels projets.

Dans le cas du marché, tous les coûts et bénéfices sont financiers et passent par le marché (même s’il n’est pas concurrentiel). Dans le cas d’un bien collectif local, les coûts financiers sont partagés entre les contributeurs, mais les bénéfices qui, eux ne sont pas financiers, leur profitent à toutes et tous. Et chacun des contributeurs estime que les bénéfices non financiers sont largement supérieurs au coût financier qu’ils supportent. Ils coopèrent donc sur une base volontaire pour leur bien commun.

Il n’existe pas de marché pour le climat, qui est un bien collectif global, et donc la seule solution pour y faire face, c’est la coopération entre pays et entre citoyens.

La logique est la même pour climat, mais ça devient beaucoup plus compliqué car au lieu d’une communauté locale, on en arrive à 197 pays. Il n’existe pas de marché pour le climat, qui est un bien collectif global, et donc la seule solution pour y faire face, c’est la coopération entre pays et entre citoyens. Et c’est le mandat qu’a reçu l’ONU : trouver une solution pour combattre, tous ensemble, le défi climatique. Le multilatéralisme et la coopération sont donc des conditions sine qua non pour combattre le changement climatique. Le chacun pour soi n’y pourra rien. 

Thierry Bréchet
Professeur d’économie de l’environnement à la Louvain School of Management UCL

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