Crash dans le Sinaï: "pas de signe d'acte terroriste"

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La compagnie aérienne russe de l'avion qui s'est crashé en Egypte ce samedi estime que seule une "cause extérieure" pourrait être à l'origine de l'accident. Les boîtes noires ont été retrouvées. La piste d'un attentat n'est pas exclue.

Accident ou attentat? La question reste ouverte, deux jours après le crash d'un avion russe dans le Sinaï égyptien.

  • Pour la direction de la compagnie aérienne russe Metrojet, seule une "cause extérieure" pourrait être à l'origine du crash. "L'unique cause explicable serait une action mécanique sur l'aéronef", a déclaré le responsable des opérations aériennes de Metrojet (marque sous laquelle opère le transporteur Kogalymavia), Alexandre Smirnov. Selon lui, "il n'existe pas de combinaison de défaillances du système qui pourrait mener à la dislocation de l'appareil en plein vol".
  • La compagnie a affirmé que l'avion était "en excellent état technique" et que les pilotes ont perdu le contrôle "total" de l'avion. "Nous excluons une défaillance technique ou une erreur de pilotage."
  • Le chef du renseignement américain James Clapper a indiqué pour sa part qu'il n'y avait "pas de signe pour l'instant" qu'un acte terroriste était à l'origine du crash de l'avion. Ce dernier a également estimé "improbable" que le groupe Etat islamique ait les moyens d'abattre un avion commercial en vol, ajoutant toutefois qu'il ne pouvait pour autant "l'exclure" complètement.
  • Les gouvernements égyptien et russe contestent la revendication par la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI) en représailles, selon elle, aux bombardements russes en Syrie. Ceux-ci avaient assuré samedi avoir "fait tomber" l'avion russe sans préciser comment. Les insurgés de la province du Sinaï sont très actifs dans le Nord-Sinaï, leur principal bastion où ils commettent quasi-quotidiennement des attentats et attaques très meurtriers visant l'armée et la police.

Metrojet, suspect idéal

 

"Nos appareils sont en bon état de marche et le niveau de nos pilotes correspond aux standards internationaux, voire plus."
Metrojet

Dès l'annonce de la catastrophe, médias, élus et autorités russes ont pointé du doigt ce transporteur, qui appartient à la société Kogalymavia, créée en 1993 et classé 19e en Russie par le nombre de passagers transportés.

Les autorités ont lancé une enquête judiciaire pour mettre au jour d'éventuels manquements, avec perquisitions et plus de cent interrogatoires, tout en précisant que tous les documents de la société étaient en règle.

Le pays a longtemps eu une réputation peu reluisante en termes de sécurité aérienne. Ces dernières années, plusieurs accidents ont impliqué soit des appareils en fin de vie, soit de conception soviétique soit récupérés auprès d'autres compagnies de pays émergents peu réputés pour la rigueur de leurs contrôles.

 

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La compagnie ressemble au suspect idéal. Elle a déjà fait parler d'elle en 2010 lorsqu'un Tupolev qu'elle exploitait alors s'est brisé lors d'un atterrissage en Iran, faisant des dizaines de blessées, ou l'année suivante lorsqu'un autre Tupolev a pris feu au sol dans le nord de la Russie, tuant trois personnes.

L'Airbus qui s'est écrasé volait depuis 18 ans, une durée qui n'a rien d'inhabituelle mais suffisante pour le faire passer sous plusieurs marques, du libanais MEA au saoudien Saudi Arabian Airlines.

Pour le grand public, l'entreprise paraît d'autant plus suspecte qu'elle se spécialise dans les vols charters vers les destinations touristiques de masse (Egypte, Turquie et Espagne), ce qui l'expose particulièrement aux plaintes de passagers mécontents du service et alimente toujours des soupçons de chercher à économiser à tout prix... y compris la sécurité.

Pour ne rien arranger, l'inspection du travail a révélé que Kogalymavia avait deux mois de retard dans le paiement des salaires.

Rappel des faits

L'Airbus A321-200 de la compagnie charter, qui s'est écrasé à l'aube samedi dans le désert égyptien du Sinaï, avait décollé de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh à destination de Saint-Pétersbourg. Les 224 passagers qui se trouvaient à son bord ont perdu la vie. Les secouristes égyptiens ont élargi le périmètre de leurs recherches pour retrouver les 61 corps manquants parmi les 224 occupants de l'avion charter russe qui s'est écrasé la veille dans le désert du Sinaï.

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Les autorités ont annoncé avoir trouvé des débris et des corps dans un cercle s'étendant sur 8 km de rayon, ce qui, selon des experts, indique à priori que l'avion n'avait pas touché le sol en un morceau mais s'était disloqué ou avait explosé en vol.

Les familles des victimes ont commencé lundi après-midi à identifier les 140 corps arrivés le matin même dans l'ancienne capitale impériale.

Le gouvernement égyptien avait annoncé samedi que les boîtes noires avaient été retrouvées et qu'il se prononcerait sur les causes véritables du crash seulement à partir de leur analyse.

©AFP

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