Daech accroît ses attaques en Irak, en Syrie et au Sahel

Soldat américain du contingent de Marines basé à Bagdad dans le cadre de la coalition contre Daech. ©Photo News

Les djihadistes de Daech, vaincus en 2017, ont repris leurs attaques depuis le début de l'année à la faveur d'un ralentissement des opérations de la coalition occidentale, de l'affaiblissement du gouvernement irakien et de la pandémie de coronavirus.

Le groupe Etat islamique, vaincu en 2017, connaît un regain d'activité depuis plusieurs mois, en Irak, en Syrie et en Afrique de l'Ouest.

Profitant du désinvestissement de la coalition contre Daech et d'un affaiblissement des autorités irakiennes, les djihadistes ont mené des centaines d'attaques et recrutent de nouveaux combattants.

L'Irak, première cible de Daech

Depuis le début de l'année, Daech (acronyme arabe pour le groupe État islamique) a multiplié ses attaques en Irak. Selon le Washington Institute for Near East Policy, un think thank américain, les djihadistes ont mené 566 attaques lors des trois premiers mois de 2020, ce qui est nettement supérieur à la même période en 2019.

Les activités du groupe Etat islamique sont remontées à leur niveau de 2012, deux ans avant qu'il ne s'empare en Irak et en Syrie d'un territoire équivalent au Royaume-Uni. Ce regain est surtout observé en Irak.

"Daech utilise des grottes pour y loger des centaines – voire des milliers – de caches contenant des armes, des munitions, des explosifs et d'autres équipements."
Michael Knights
Analyste au Washington Institute for Near East Policy

Daech prépare ce retour depuis sa défaite en 2017. "Le groupe a mis en place une infrastructure matérielle pour préparer son insurrection", explique Michael Knights, analyste au Washington Institute, "il utilise des grottes pour stocker des centaines – voire des milliers – de caches contenant des armes, des munitions, des explosifs et d'autres équipements". Le groupe État islamique bénéficie aussi du transfert de cadre provenant de Syrie.

L'armée irakienne et la coalition ont réduit leurs opérations. Les États-Unis ont retiré une partie de leurs troupes depuis les protestations de l'Irak après l'exécution du général iranien Qassem Soleimani sur ordre de la Maison-Blanche.

Le contexte politique et sanitaire profite aussi aux terroristes. Le gouvernement irakien est confronté à une contestation politique, tandis que l'économie souffre d'un ralentissement lié à la crise de coronavirus.

La reconstruction des zones dévastées par la guerre, comme la ville de Mossoul, n'avance pas assez vite, selon le think thank. Le terrain est propice pour mener une guerre d'usure dans les régions rurales, où l'armée irakienne est moins présente.

Le nord de la Syrie affaibli

Le groupe terroriste est aussi actif en Syrie, mais dans une moindre mesure qu'en Irak. Le gouvernement syrien est moins déstabilisé par la crise du coronavirus et bénéficie du soutien de son allié russe. 

Mais le retrait partiel des troupes américaines et les incursions de l'armée turque dans le nord de la Syrie offrent des opportunités aux djihadistes, qui lancent des opérations locales pour se venger de la défaite. Ils ciblent des installations pétrolières, prennent des otages.

Daech exploite les tensions locales entre les forces de l'opposition et l'armée syrienne, "dans le but de recruter de nouveaux combattants qui pourraient avoir des griefs contre le régime d'Assad, les milices soutenues par l'Iran ou l'armée russe", résume Aaron Zelin, expert du Washington Institute.

Le groupe Etat islamique compte encore entre 14.000 et 18.000 combattants actifs en Irak et en Syrie.

Recrudescence au Sahel

Dans un communiqué récent, les ministres des Affaires étrangères de la coalition occidentale "ont pris note avec préoccupation de la menace croissante représentée par les groupes affiliés à Daech et ses ramifications dans le monde, en particulier en Afrique de l'Ouest et au Sahel".

4.000
morts
Les violences liées aux attaques terroristes ont fait 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019. C'est cinq fois plus qu'en 2016.

Les violences liées aux attaques terroristes ont fait 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019. C'est cinq fois plus qu'en 2016. 

Les pays de la coalition contre Daech devraient se réunir prochainement afin de "renforcer les capacités en Afrique de l'Ouest".

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