Dassault renonce à proposer le Rafale au Canada

©AFP

Après son échec en Belgique, Dassault Aviation, fabricant du Rafale, s'est retiré de l'appel d'offres visant à fournir 88 nouveaux avions de combat au Canada.

La France a renoncé à proposer son avion de combat Rafale comme futur chasseur de l'aviation canadienne, convaincu que le choix canadien sera américain, a-t-on appris de sources concordantes à Paris et Ottawa.

Ce retrait de la compétition en cours pour remplacer les CF-18 Hornet vieillissants a été annoncé dans la semaine par la presse canadienne.

Il a été confirmé jeudi à Paris par la Direction générale de l'armement (DGA), qui dépend du ministère français des Armées, une semaine après la publication des spécifications demandées au futur avion de combat.

"Hier, nous avons eu un échange avec nos homologues canadiens. Je suis donc en mesure de confirmer" que Dassault ne participera pas.
Thierry Carlier
directeur du développement international de la DGA

"Hier, nous avons eu un échange avec nos homologues canadiens. Je suis donc en mesure de confirmer" que Dassault ne participera pas, a déclaré le directeur du développement international de la DGA Thierry Carlier, devant la presse.

"A ce stade, on était dans un 'Request for Information' (RFI), une phase d'échanges préliminaires sur les conditions dans lesquelles allait se dérouler cette compétition. On leur avait dit dès le départ qu'on n’était pas certain à l'issue de cette phase d'échanges qu'on y participerait avec le Rafale. Effectivement, c'est ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait que cette décision était liée au fait que la France ne fait pas partie du club des "5 eyes only", qui regroupe les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, il a répondu par l'affirmative.

"On a considéré qu'un certain nombre de conditions n'étaient pas remplies pour que ça représente un intérêt", a précisé M. Carlier.

L'avionneur Dassault Aviation a accrédité cette thèse, tout en soulignant que pour le Canada un choix autre qu'américain semblait "impossible".

Le Rafale était l'un des cinq concurrents potentiels pour ce contrat de 88 avions de combat à livrer en 2025 à la défense canadienne afin de remplacer les CF-18 vieillissants.

Les autres constructeurs sont les Américains Boeing (F-18 Super Hornet), Lockheed Martin (F-35), le Typhoon du consortium européen Eurofighter, dont fait partie Airbus avec le Britannique BAE et qui est soutenu par la Grande-Bretagne, et le Suédois Saab (le JAS-39E Grippen).

Selon une source industrielle, le Gripen devrait aussi se retirer prochainement de la course.

La mission principale des chasseurs canadiens est de patrouiller dans le ciel nord-américain de concert avec l'US Air Force dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD).

Le contrat est estimé à 19 milliards de dollars canadiens (13 milliards d'euros), selon la presse canadienne. Tous devront soumettre leurs propositions au printemps 2019.

Il y a deux semaines, la Belgique a décidé de retenir le Lockheed Martin F-35 pour remplacer ses F-16 vieillissants. La France avait proposé le Rafalle de Dassault, mais hors de la procédure d'appel d'offres mise en place par le gouvernement belge.   

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