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Des efforts urgents requis pour freiner la montée des eaux

©REUTERS

Le Giec publie ce mercredi son rapport spécial sur les océans et les glaces. Qui devrait marquer une révision à la hausse du consensus sur le rythme de la montée des eaux.

Après une nuit blanche de débats, les experts climat des Nations unies réunis à Monaco ont adopté mardi leur rapport spécial sur les océans et la cryosphère – les parties du globe couvertes de glace. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat publiera la synthèse des travaux scientifiques mondiaux ce mercredi.

6.918
Le rapport spécial sur les océans et la cryosphère dans un climat changeant (SROCC) s’appuie sur 6.918 publications scientifiques pour résumer l’état des connaissances en la matière.

Un des chapitres clés très attendus du rapport est celui qui concerne l’élévation du niveau des mers. Le consensus scientifique sur le sujet devrait être revu à la hausse. Une version provisoire de la synthèse du rapport de 900 pages a fuité dans la presse cet été. Selon le projet, si le monde parvenait à limiter le réchauffement planétaire à 2°C, la montée des eaux pourrait submerger des territoires où vivent 280 millions de personnes. Si la hausse des températures moyennes de surface atteint ce seuil, indiquait encore la version provisoire du rapport, sujette à modifications, le niveau des océans augmenterait en moyenne de 43 cm environ d’ici la fin du siècle. La montée des eaux serait de 84 cm dans un monde à + 3°C ou + 4°C. Et au siècle prochain, le rythme d’élévation du niveau des mers pourrait être 100 fois plus rapide – à plusieurs centimètres par an.

Sur les rails

Si tous les engagements en termes de réduction d’émissions qui ont été annoncés par les États sont mis en œuvre, le réchauffement ne serait limité qu’à 3°C environ. Limiter le réchauffement à 1,5°C, selon l’ambition de l’Accord de Paris, permettrait de ralentir la montée des eaux – un objectif qui n’est pas impossible, souligne Thelma Krug, vice-présidente du Giec, mais "cela demandera des efforts sans précédent de tous les secteurs de la société", a-t-elle souligné mardi. Et à cet égard, "2030 est une étape pour voir si nous sommes sur les rails pour atteindre 1,5°C à la fin du siècle".

2030 est une étape pour voir si nous sommes sur les rails pour atteindre 1,5°C à la fin du siècle.
Thelma Krug
vice-présidente du Giec


La montée des eaux, résultat de la dilatation des océans et de la fonte des calottes glacières, n’est qu’un des aspects du rapport spécial sur les océans et la cryosphère dans un climat changeant (SROCC). Fruit du travail de synthèse de 104 scientifiques issus 36 pays, le document s’appuie sur 6.918 publications scientifiques pour résumer l’état des connaissances sur les liens entre réchauffements et eaux, mais aussi sur les impacts du changement climatique sur les écosystèmes des océans, des côtes, des pôles et des montagnes, ainsi que sur les communautés humaines qui en dépendent.

Il devrait notamment souligner l’effet du réchauffement sur la biodiversité marine, alors que la concentration en oxygène des eaux baisse et que les "zones mortes", sans vie, s’étendent.

Il devrait aussi faire un état des lieux de la fonte du permafrost, ces terres qui restent gelées tout au long de l’année – il pourrait fondre totalement ou presque d’ici la fin du siècle, libérant des quantités de gaz à effet de serre qui accéléreraient le réchauffement global.

Vendredi, le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele avait indiqué que le rapport s’annonçait "alarmant", et avait regretté qu’il ne soit pas publié avant le sommet spécial de l’ONU qui se tenait lundi à New York.

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