Les compagnies aériennes suspendent leurs vols vers la Chine

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Plusieurs compagnies aériennes ont pris la décision de suspendre ou de réduire leurs vols vers la Chine continentale face à la propagation du coronavirus qui a déjà fait 132 morts. De nombreuses entreprises internationales ont également décidé de fermer leurs sites de production en Chine ou de rapatrier leur personnel. Le point sur la situation.

Le nombre officiel des personnes décédées après avoir été infectées par le coronavirus en Chine est monté ce mercredi à 132, contre 106 la veille, d'après un nouveau bilan officiel qui fait aussi état de près de 6.000 personnes infectées. 

Outre l’organisation de rapatriements, plusieurs pays ont pris des mesures pour limiter les relations avec la Chine, notamment en fermant leurs frontières ou en diminuant le nombre de vols en provenance de la Chine. Face à cette montée des cas confirmés, de grands groupes internationaux ont décidé de réduire leur présence en Chine en fermant provisoirement certains sites.

Les rapatriements s'organisent 

L’évacuation des étrangers "piégés" à Wuhan, berceau de l’épidémie de coronavirus en Chine, s’organise peu à peu. Plusieurs pays ont en effet décidé de réagir face à la propagation du virus. En Chine, les 56 millions d’habitants de Wuhan et de la province du Hubei restent confinés "jusqu’à nouvel ordre" pour tenter d’endiguer l’épidémie.  

• Le Japon et les Etats-Unis ont été les premiers à procéder à l'évacuation de plusieurs centaines de leurs ressortissants bloqués à Wuhan.

• De son côté, le Royaume-Uni a décidé de mettre en quarantaine les personnes évacuées. Les citoyens britanniques concernés seront maintenus 14 jours en quarantaine par mesure de précaution. Il est question d'environ 200 personnes. Les voyageurs seront emmenés dans une base militaire à leur arrivée au Royaume-Uni. 

• L'Italie annonce l'envoi d'un avion ce jeudi pour le même type d'opération. A leur arrivée en Italie les voyageurs devront suivre un protocole défini par le ministère de la Santé. 

• En Belgique, les autorités n'ont pas encore pris de décision sur le timing d'un éventuel rapatriement des citoyens belges. Plusieurs options sur la table, dont une à l'échelle européenne. Le ministère de la Santé se tient prêt en cas d'évacuation de Belges. Un avion envoyé par Paris prévoit de ramener les premiers rapatriés français "probablement vendredi", selon la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn. Contrairement aux ressortissants japonais, ils seront mis en quarantaine pendant 14 jours, dès leur retour. D’aprés la Commission européenne, un deuxième avion décollera dans les prochains jours pour rapatrier au moins 350 Européens. 

Les vols suspendus  

Dans les aéroports chinois, c'est la panique. En attendant, soucieuse d'endiguer l'épidémie, la Chine a recommandé à ses citoyens de "reporter" leurs voyages "sans nécessité" hors de ses frontières, après avoir déjà suspendu les voyages en groupe, tandis qu'à l'étranger, de nombreux pays ou territoires renforcent les mesures de précaution.

Les compagnies sont directement affectées par les répercussions de la pneumonie virale sur les voyages. British Airways a ainsi décidé ce mercredi du suspendre temporairement ses réservations et ses vols vers les deux plus grandes villes chinoises, Pékin et Shanghai. Sur le site internet de la compagnie britannique, aucun vol direct pour la Chine n'est disponible en janvier et en février. Le transporteur assure en temps normal des vols quotidiens depuis l'aéroport londonien de Heathrow vers Pékin et Shanghai. 

Les vols d'Air France vers Wuhan (3 vols par semaine) ont été suspendus le 24 janvier. Ces derniers jours, la compagnie aérienne Cathay Pacific Airways, dont le principal hub est installé dans l'aéroport international de Hong Kong, avait annoncé qu'elle allait "progressivement réduire", au moins de moitié, ses vols vers la Chine continentale à partir du 30 janvier et jusqu'à fin mars. De même, la compagnie aérienne américaine United Airlines va réduire sa desserte de la Chine. 

Les entreprises au point mort 

La Chine est un marché crucial pour de nombreuses entreprises internationales. Alors que la crise laisse redouter un impact pour l'économie mondiale, le géant américain de l'électronique Apple a reconnu des incertitudes sur ses chaînes de production en Chine, la réouverture des usines, fermées pendant la période des fêtes du Nouvel An chinois ayant été repoussée au 10 février. 

Le géant automobile japonais Toyota a aussi décidé de prolongé d'une semaine la suspension de la production dans ses trois usines en Chine, jusqu'au 9 février inclus.  

Ikea a également fermé la moitié de ses magasins chinois, soit une quinzaine d'enseignes. Mc Donald's et Starbucks avaient précédemment pris le même type de mesure. 

Les entreprises de Shanghai ont par ailleurs reçu l'ordre de ne pas reprendre leur activité avant le 9 février, à l'exception des supermarchés et pharmacies.

L’OMS ne recommande pas d’évacuer

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Gebreyesus, a néanmoins indiqué que son institution "ne recommande pas" l’évacuation des ressortissants étrangers. "Nous observons que certains pays mettent en avant leur espoir (d’organiser) des évacuations. Dans la situation actuelle, il faut garder son calme. Réagir avec excès n’est pas nécessaire", a-t-il ajouté. L’OMS, qui juge la menace du coronavirus "élevée", n’a toujours pas déclenché l’alerte sanitaire internationale, mais a annoncé ce mardi l’envoi de plusieurs experts en Chine. Ces spécialistes internationaux travailleront avec leurs homologues chinois pour tenter d’apporter "une réponse mondiale" à l’épidémie.

Outre l’organisation de rapatriements, plusieurs pays ont pris des mesures pour limiter les relations avec la Chine, notamment en fermant leurs frontières ou en diminuant le nombre de vols en provenance de la Chine.

Aux États-Unis, les chercheurs des Instituts nationaux de santé (NIH) ont lancé le développement d’un vaccin contre le coronavirus. Le directeur des NIH a toutefois précisé qu’il était possible que l’épidémie décline avant que le vaccin ne soit prêt. À en croire Zhong Nanshan, l’un des meilleurs spécialistes chinois des maladies respiratoires, l’épidémie pourrait en effet atteindre son pic "dans une semaine ou 10 jours" avant de reculer aussitôt.

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