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Des Ovnis? Disons plutôt des phénomènes volants non identifiés...

IRSD et Ulg

En dehors des multiples confusions possibles, bien des phénomènes dans le ciel sont d'origine humaine et naturelle mais nous ne sommes pas aptes à les reconnaître.

Avec l’absence de conclusion du rapport du Pentagone sur les Objets volants non-identités (OVNI), qu'il serait plus correct d'appeler phénomènes volants non identifiés (PANI), nous sommes revenus au point de départ, avec, toujours en embuscade les adeptes du complotisme et du conspirationnisme, les rêveurs et les gourous des pseudoscience.

André Dumoulin.

Dans son genre, la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS) utilisa allégrement un mélange de vrai et de faux dans leurs interprétations (1), certains étant convaincus de l’existence de « petits hommes verts » en visite. Quant à la COBEPS qui a pris le relais, on retrouve en son sein, mais plus subtilement, le même style d’approche.

Déjà, nous savons que malgré les milliards d’étoiles et l’existence d’un nombre incalculable de planètes, si nous n’avons toujours pas eu de contact hypothétique avec des vies intelligentes, c’est probablement parce que les distances sont trop grandes mais surtout parce que la vie imposerait bon nombre de conditions rendant la chose difficile sinon extrêmement rare : une planète rocheuse, à température modérée avec une étoile à distance optimale, une orbite circulaire, de l’eau, un champ magnétique protecteur, une rotation adéquate et, dans notre cas, une lune qui participe à la stabilité de l’inclinaison de notre Terre.

Bien des phénomènes dans le ciel sont d'origine humaine et naturelle.

Bref, la vie imposerait de nombreuses conditions cumulatives. En sus, la vie moléculaire, microscopique doit encore évoluer vers une vie intelligente, vers de la technologie permettant des voyages intergalactiques. Bref, il faut du hasard, de la chance et de la volonté. Ceci sans parler de l’idée selon laquelle les hypothétiques civilisations extra-terrestres pourraient s’éteindre ou n’auraient pas la volonté, le désir ou les moyens de parcourir l’espace. Ne rêvons pas.

Programmes ultraconfidentiels

En dehors des confusions avec les centaines de microsatellites Starlink, du scintillement de Vénus, de ballons-sondes, des lunes de Saturne, de lampions chinois, de phénomènes météorologiques particuliers aux formes étranges, des inversions de température sur les interprétations radars, des tâches sur les pare-brise (!), des vols d'AWACS en approche atterrissage ou des avions en survol sans autorisation, bien des phénomènes dans le ciel sont d'origine humaine et naturelle, mais nous sommes moins aptes à les reconnaître car nos yeux sont généralement dirigés vers l'avant ou le sol.

Il est particulièrement évident que les rapports d'observation d'Ovnis correspondent à l'état des technologies humaines du moment.

Il ne peut y avoir de crédibilité des témoignages a priori ou toute autorité d’individus (les fameux gendarmes d’Eupen observant des triangles dans le ciel). Et de nous rappeler également les trucages autour de l’Ovni de Petit-Rechain qui s’est avéré n’être qu’un panneau de frigolite peint.

De plus, dans l’histoire de l’aéronautique militaire qui concentre énormément des avancées technologiques confidentielles, il est particulièrement évident que les rapports d’observation d’Ovnis correspondent à l’état des technologies humaines du moment (forme de soucoupes réellement testées par l’USAF; ailes volantes; ailes en flèches et ailes delta; vols à très haute altitude; triangles furtifs; formes étranges de drones et, depuis quelque temps, la très haute vitesse).

Relevons que les très hautes vitesses sont testées et opérationnelles depuis plusieurs décennies et les recherches se poursuivent aux États-Unis, en Chine, en Russie et en France. De plus, il existe des programmes ultraconfidentiels (ex : programmes "noirs" aux Etats-Unis) dont les pilotes de combat américains des escadrilles classiques ne sont pas tenus au courant et n'ont pas à en connaître.

Il ne s'agit pas de complots mais simplement de verrouillage des informations et de protection des données.

A cet égard, l’USAF est davantage outillée dans les systèmes d’armes prototypes et précurseurs de très haute technologie que…l’US Navy. Les verrous d’informations existent bel et bien entre les armes aux États-Unis.

L'exemple du F-117 furtif

Relevons également que certaines observations faites à l'époque en Belgique précisaient la présence de lumières clignotantes provenant d'objets observés, mais particulièrement "anthropomorphiques" (lumières anticollision) loin des petits hommes verts. Outre le fait que ces observations ont eu lieu au moment où des vecteurs aériens anglais et américains (pilotés ou non) s'entraînèrent de nuit en Europe.

Il ne s'agit donc pas de complots mais simplement de verrouillage des informations et de protection des données (course aux armements et aux systèmes d'armes). Précisons aussi que certains systèmes aériens militaires ne sont publiquement connus que plusieurs années après leur mise en œuvre. L'exemple le plus connu reste le F-117 furtif de chez Lockheed : 10 ans de totale discrétion. Ils furent testés à la base 51, comme bien des systèmes d’armes, entraînant la confusion des Ufologues autour de secrets extra-terrestres cachés par les Américains. La réalité est moins excitante pour les « soucoupistes ».

André Dumoulin
IRSD et ULg

(1) André Dumoulin, « Ovnis : des marchands d’illusion à la décevante réalité », Le Soir, 4 septembre 1998.

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