Publicité

Des progrès en vue d'un "Accord de Paris" de la biodiversité

Le président chinois Xi Jinping s'adressant aux médias réunis au centre de conférence de la COP15 à Kunming, le 12 octobre. ©AFP

La première phase de la COP15 de Kunming s'est clôturée sur des avancées, dans la perspective d'un accord mondial pour inverser la perte de biodiversité.

La première partie de la COP15 biodiversité s'est achevée vendredi avec l'engagement de la Chine à tout faire pour parvenir à un accord ambitieux pour sauvegarder la nature et apporter des financements, alors que des centaines de milliards de dollars par an sont nécessaires pour inverser le déclin vertigineux de la biodiversité. Depuis les années 1970 les populations de vertébrés ont décliné de 68% selon le dernier rapport Living Planet du WWF, et un million d'espèces sont déjà menacées d'extinction, selon l'IBPES, l'équivalent du Giec pour la biodiversité.

"La communauté internationale attend de la COP15 qu'elle soit un moment clé pour inverser la perte de biodiversité, tout comme le sommet de Paris (en 2015 l'a été) pour le changement climatique", a insisté le ministre chinois de l'Environnement, Huang Runqiu, lors de la conférence de presse de fermeture de cette session à Kunming, dans le sud-ouest de la Chine.

Ces négociations ont rassemblé environ 2.900 délégués à Kunming et 2.500 en ligne. La COP15 se conclura au printemps 2022 par des négociations en présentiel prévues en Chine, avec une session intermédiaire en Suisse.

"Civilisation écologique"

Cette première partie, présentée comme essentiellement protocolaire, a aussi permis des avancées sur le fond, avec "une relance du souffle politique" dont "on a envie qu'il se traduise dans le texte des négociations", commente Julien Rochette, du think tank français IDDRI.

La COP15 a adopté la déclaration de Kunming, portée par la Chine et qui défend le concept de "civilisation écologique". Elle reprend en partie les objectifs contenus dans le texte qui sera négocié par les délégations des 196 membres de la Convention sur la diversité biologique (CDB) en janvier à Genève, puis au printemps 2022 lors de la 15e Conférence des parties (COP).

Financement

800
Milliards/an
Selon l'Agence française de développement (AFD), les besoins sont évalués entre 722 et 967 milliards de dollars par an d'ici à 2030.

Pour financer la protection de la biodiversité, la Chine a lancé un fonds pour les pays en développement, abondé à hauteur de 200 millions d'euros, et le Japon a mis sur la table environ 14 millions d'euros. Selon l'Agence française de développement (AFD), les besoins sont évalués entre 722 et 967 milliards de dollars par an d'ici à 2030, quand 124 à 143 milliards de dollars sont dépensés et que 500 milliards vont à des subventions néfastes à la nature.

Ces annonces constituent "un début modeste", relève Li Shuo de Greenpeace, qui demande plus d'éclaircissements sur le fonds chinois. Pour certains pays, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) est l'outil adéquat pour financer les actions en faveur de la biodiversité. "La question du financement est cruciale, elle va déterminer l'engagement de certains pays (dans les négociations), notamment des pays du Sud", relève Julien Rochette. Les regards se tournent à présent vers Genève, puis vers Kunming au printemps.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés