Erdogan pourrait s'accrocher au pouvoir jusqu'en 2029

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Le président turc et son parti, l'AKP, veulent réformer la constitution. Si le projet de loi passe l'étape parlementaire, un référendum sur la question sera organisé.

C'est un secret de Polichinelle, l'autoritaire Recep Tayyip Erdogan aime le pouvoir et se verrait bien rester encore plus longtemps aux manettes de l'Etat truc. Déjà Premier ministre pendant 11 ans (de 2003 à 2014), le président turc souhaite à présent avoir la garantie que son mandat puisse s'étendre au-delà de limite légale.

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La constitution de 1982 garantit au président élu au suffrage direct un bail de 5 ans, renouvelable une fois. Concrètement, le président Erdogan devra remettre son titre en jeu en 2019 et, en cas de victoire électorale, poursuivre l'aventure jusqu'en 2024. Pas suffisant pour le principal intéressé, si l'on en croit des responsables qui ont consulté le projet de loi poussé par le parti au pouvoir.

La réforme constitutionnelle proposée en Turquie par l'AKP pourrait permettre à Recep Tayyip Erdogan de se maintenir à la tête du pays plus longtemps encore. Voici comment Erdogan et son parti comptent s'y prendre.

Réforme ou tour de magie?

L'AKP, fondé par Erdogan lui-même en 2001 et au pouvoir depuis 2002, entend organiser un référendum sur cette réforme constitutionnelle mais le parti a besoin du soutien des nationalistes du MHP pour que la tenue du scrutin soit approuvée par le Parlement. Selon le projet présenté au MHP ce mardi, Erdogan bénéficierait de nouvelles prérogatives immédiatement après le référendum en tant que président en exercice.

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Erdogan pourrait donc se présenter à la présidentielle de 2019 et s'il était élu, il demeurerait chef de l'Etat jusqu'en 2024, terme de son second et dernier mandat de cinq ans, suivant la limite prévue par la Constitution. En cas de réforme, et c'est là que le tour de passe passe se met en route, les compteurs seraient remis à zéro. Conséquence: le mandat actuel d'Erdogan ne serait pas comptabilisé. Il pourrait donc être candidat en 2019 puis à nouveau en 2024 et en cas de victoire se maintenir au pouvoir jusqu'en 2029.

Une autre disposition de la réforme octroie au président la possibilité de gouverner par décrets sur les questions relevant de l'exécutif sans avoir à consulter le Parlement. Il aurait deux vice-présidents et nommerait directement les chefs d'état-major des armées, ceux des services de renseignement, les recteurs d'université, certains hauts fonctionnaires et les membres de certaines juridictions supérieures.

Que va dire l'Europe?

Le président Erdogan et ses partisans affirment que le pays a besoin d'une présidence forte, sur le modèle du régime français ou américain, afin d'en finir avec la fragilité des coalitions de gouvernement qui a constitué une entrave au développement dans le passé.

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Reste à convaincre la classe politique turque, partiellement muselée, et les partenaires internationaux du pays, ce qui n'est pas une mince affaire. A l'intérieur des frontières turques, l'opposition soutient que cette révision de la Loi fondamentale ne vise qu'à satisfaire les ambitions d'Erdogan et risque de se traduire par une dérive autoritaire qui, selon les Occidentaux, s'exprime déjà par les purges massives organisées depuis le putsch manqué du 15 juillet.

Ces mêmes Occidentaux voient d'un très mauvais œil les manœuvres politiques en cours. De telles modifications risquent d'inquiéter encore un peu plus l'Union européenne, qui a exprimé des critiques concernant la répression menée en Turquie depuis le coup d'Etat manqué, et qui peine à se positionner sur le rôle de la Turquie dans l'avenir européen, notamment sur la question des migrants. 

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