G7: cherche réponse à la crise désespérement

(©STRINGER Belgium/Reuters)

Les questions de relance budgétaire et de recapitalisation des banques seront longuement évoquées. Mais Américains et Européens se renvoient la balle sur les dossiers chauds du moment. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a exclu vendredi que les pays du G7 réunis à Marseille annoncent une action concertée de leurs banques centrales.

Pressés d'agir pour éviter une rechute de la croissance, les grandes puissances se retrouvent ce vendredi à Marseille, dans le sud de la France, à la recherche d'une réponse convaincante à la crise, mais Européens et Américains semblaient plutôt enclins à se renvoyer la balle.

Les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni) doivent "tirer les leçons" des "soubresauts de l'été", selon la présidence française du G7. "Nous aurons une discussion de fond sur le ralentissement observé cet été dans le monde et le débat sera d'autant plus libre qu'il n'y aura pas de communiqué final", a indiqué le ministre français de l'Economie, François Baroin, dans un entretien au Figaro.

"Nous ferons également un point d'étape sur les progrès à réaliser en matière de régulation financière", sur, entre autre, le renforcement des fonds propres des banques prévus par Bale 3, la rémunération des opérateurs de marché, ou la régulation de la finance parallèle, a-t-il poursuivi.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui prévoit une croissance en berne pour les prochains mois dans les pays riches et entrevoit même des risques de récession, a appelé jeudi le G7 à "agir" face à l'aggravation de la crise.

Agir donc. Mais qui, et comment?

Les réponses varient selon les acteurs.

Les Etats-Unis ont exhorté jeudi les Européens à prendre de nouvelles mesures susceptibles de "rassurer" sur leur "capacité" à passer la crise. Alors que les responsables français ne perdent pas une occasion, eux, de rappeler "ce qu'il s'est passé aux Etats-Unis", autrement dit la dégradation inédite de la note financière américaine.

Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a exclu ce vendredi, lors d'un entretien télévisé sur la chaîne Bloomberg TV, que les pays du G7 réunis à Marseille annoncent une action concertée de leurs banques centrales.

"Je ne pense pas que nous allons voir cela", a-t-il répondu à un journaliste qui l'interrogeait sur cette éventualité. "On va voir les gouvernements et les banques centrales, partout, recalibrer et décider où ils ont de la latitude pour chercher ce qu'ils peuvent faire pour aider à renforcer la croissance".

Quant aux institutions internationales, de l'OCDE au Fonds monétaire international, elles appellent en choeur le Vieux Continent à recapitaliser ses banques pour endiguer la crise de la zone euro - une recommandation peu apprécié par les intéressés.

Les pays développés doivent agir "maintenant et avec audace" pour relancer leurs économies, a affirmé ce vendredi à Londres la directrice générale du FMI Christine Lagarde, juste avant l'ouverture de la réunion du G7. "Le message clé que je veux transmettre aujourd'hui, c'est que les Etats doivent agir maintenant, et agir avec audace", car l'économie mondiale "traverse une phase pleine de dangers", a-t-elle déclaré dans un discours devant l'institut Chatham House.

La Française s'est félicitée du plan de 447 milliards de dollars en faveur de l'emploi aux Etats-Unis présenté la veille par le président Barack Obama.
"Nous saluons les propositions du président Obama hier soir, qui se concentrent sur le soutien à la croissance et la création d'emplois à court terme", a-t-elle dit.

Christine Lagarde a en outre maintenu sa position controversée sur la nécessité d'une recapitalisation des banques européennes. "Face à la montée des risques et des incertitudes, et à la nécessité de convaincre les marchés, certaines banques ont besoin de renforcer leur capital", a-t-elle assuré, évoquant les risques encourus par les établissements européens face à la crise de la dette dans la zone euro.

La nouvelle poussée de fièvre incite en tout cas à revoir les solutions. Et a près avoir demandé aux banques centrales, il y a moins de quatre mois, de relever leurs taux, l'OCDE leur conseille désormais de faire... l'inverse, s'il leur reste des marges de manoeuvre.

Or, fin août, le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke avait justement jugé que c'était à présent au gouvernement et au Congrès de prendre les mesures budgétaires pour soutenir l'économie.

Mesures budgétaires

En matière de relance budgétaire, les munitions des pays, qui se sont lourdement endettés lors de la récession de 2009, sont à peu près épuisées, s'accordent à dire la plupart des membres du G7.

Avec des nuances toutefois: des voix de plus en plus nombreuses commencent à suggérer que les bons élèves de la discipline budgétaire utilisent les marges de manoeuvre qui leur restent pour relancer l'activité.

Pour l'instant, personne n'est nommé. Mais l'Allemagne et les grands émergents peuvent se sentir visés.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés