G7: l'austérité divise toujours l'Europe et les USA

George Osborne (à gauche) et Jacob Lew lors d'un G20 à Washington, en avril 2013. (© Andrew Harrer) ©Bloomberg

Les grands argentiers du G7 se retrouvent outre-Manche ce vendredi et samedi pour évoquer leurs plans de sortie de crise. Les Etats-Unis en profiteront pour plaider contre les plans draconiens d'austérité budgétaire adoptés par certaines Etats membres de l'Union européenne. Washington estime qu'ils freinent la reprise économique mondiale.

Accusés de plomber la reprise de l'économie mondiale, les plans d'austérité draconiens mis en oeuvre en Europe vont se retrouver sous le feu des critiques des Etats-Unis, ce vendredi et samedi pendant la réunion des grands argentiers du G7 dans la campagne anglaise.

Le ministre britannique des Finances George Osborne recevra ses homologues ainsi que les gouverneurs des banques centrales de ce club de pays riches qui réunit l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, vendredi à la mi-journée à Aylesbury, à une soixantaine de kilomètres au nord de Londres. La patronne du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, sera également présente.

En bref

La Banque du Japon n'a pas d'objectifs en matière de taux de change et sa politique monétaire n'a pour unique finalité que de parvenir à une inflation de 2% dans les deux ans, a déclaré vendredi son gouverneur Haruhiko Kuroda.

"La Banque du Japon n'a pas de cibles pour les taux de change, qui sont déterminés par le marché", a-t-il déclaré à la presse avant l'ouverture de la réunion du G7 à Aylesbury, près de Londres.

Le yen se traitait vendredi à plus de 101 pour un dollar, un plus bas depuis quatre ans et demi, poursuivant son mouvement de dépréciation qui avantage les exportateurs japonais.

"Nous allons parler de la situation économique mondiale et de la manière d'entretenir la reprise" ainsi que des moyens permettant d'"être sûrs que nos finances publiques sont en bon ordre", a déclaré jeudi Osborne, lui-même artisan d'un plan de rigueur très impopulaire dans son pays.

Les avis divergent au sein du G7 sur le rythme adéquat de réduction des déficits, les plans d'assainissement budgétaire en Europe étant accusés de fortement peser sur la croissance mondiale en particulier par les Etats-Unis.

Washington met la pression

Le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew profitera donc de l'occasion pour appeler ses homologues européens à changer de cap au cours de ce G7 qui fait suite à deux réunions des grands argentiers du G20 en avril et en février. La rencontre précède par ailleurs la réunion des chefs d'Etat ou de gouvernement du G8 mi-juin en Irlande du Nord.

"Il est important de recalibrer le rythme de la consolidation budgétaire (dans la zone euro, ndlr). Une consolidation budgétaire brutale risque d'entraver la demande. Un changement de cap maintenant peut faire une grande différence", a insisté un haut responsable du Trésor américain ayant requis l'anonymat, deux jours avant la réunion.

"Nous ne sommes pas totalement d'accord" avec les Européens "sur le calendrier et sur le fait de savoir s'il est urgent d'y parvenir tout de suite", avait souligné de son côté Jacob Lew mardi.

Une économie qui patine

Freinée notamment par le décrochage de la zone euro, la reprise mondiale patine et le FMI a révisé à la baisse mi-avril ses prévisions de croissance mondiale à 3,3% pour cette année, contre 3,5% prévus en janvier.

"Il est contre-productif de fixer des objectifs inatteignables" en matière de réduction des déficits "car cela conduirait à la destruction du moteur", acquiesce une source française, et ce à un moment où Paris vient d'obtenir un délai de deux ans supplémentaires de la part de Bruxelles pour ramener ses finances publiques dans les clous.

Sur fond de mise en accusation de l'austérité, George Osborne devrait se retrouver contraint de défendre sa propre ligne de plus en plus impopulaire au Royaume-Uni. Prenant les devants, le Premier ministre britannique David Cameron a jugé jeudi que le rythme de la réduction du déficit du Royaume-Uni n'était "pas irresponsable".

Les suites de l'"Offshore leaks"

Les grands argentiers du G7 consacreront également leurs discussions à la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux, revenue sur le devant de la scène à la faveur des révélations de l'"Offshore leaks".

Après que le G20 a "exhorté" en avril la communauté internationale à s'attaquer à la racine au secret bancaire, en faisant de l'échange automatique d'informations la "règle générale", les ministres du G7 "espèrent continuer à avancer" avant le G8 de juin, confie une source proche d'une délégation du G7. David Cameron a à cet égard fait de ce thème la priorité de sa présidence du G8.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect