Le Covid-19 fait vaciller l'économie mondiale.

Aurions-nous pu penser, il y a encore deux mois, que le battement d’ailes d’une chauve-souris au centre de la Chine puisse gripper totalement l’économie mondiale? Scénario encore plus fou: que ce battement d’ailes pousse à la mise en quarantaine de centaines de touristes sur une île située à 11.646 km de là et fasse germer chez certains l’idée qu’une fermeture des frontières dans l’espace Schengen s’impose temporairement.

La crise Covid-19 a confirmé deux sentiments dont nous nous doutions déjà: nos industries sont devenues trop dépendantes de la chaîne d’approvisionnement en Chine. Et la Chine pèse désormais tellement dans la balance de la consommation mondiale que, dès qu’elle tousse, toute entreprise d’une certaine taille sursaute. Parfois rudement.

Depuis que l’épidémie s’est déplacée vers l’Europe, à commencer par l’Italie, nous sommes pourtant entrés dans une nouvelle dimension. Là où le Covid-19 démontre être un "game changer", c’est dans sa remise en question totale de la mondialisation.

C’est bien simple, jamais un fait au départ si singulier n’était, jusqu’ici, parvenu à fragiliser la planète entière. Jamais une contamination au départ locale n’est, jusqu’ici, parvenue à avoir un impact direct sur le quotidien de chaque être humain présent sur Terre.

Le Covid-19 a révélé la fragilité d'un monde global. De tels phénomènes contagieux risquent de se multiplier.

Est-ce que ce sera concrètement le cas? Où s’arrêtera-t-il, finalement, ce coronavirus? Personne à l’heure actuelle n’est encore capable de le prédire. D’où l’inquiétude sanitaire ambiante (malgré un taux de mortalité qui reste bas) et le véritable stress des marchés.  

Devons-nous faire marche arrière? Faire un "reset" de ce monde global à la construction duquel nous avons participé, nous replier sur nous-mêmes, couper les ponts commerciaux bâtis au-dessus des océans, arrêter de prendre l’avion pour éviter qu’une telle situation se reproduise?

Soyons clairs, c’est illusoire. Jamais la libre circulation des biens et des personnes ne pourra être remise en question. Nous sommes allés trop loin. Au-delà de nos modes de consommation (qui gagneraient à être plus locaux), nous sommes devenus trop mobiles.

Tirons, par contre, les leçons de la crise actuelle. La mondialisation s’est, aujourd’hui, révélée être un équilibre fragile, capable de tous nous affecter. D’autres phénomènes contagieux, tels le Covid-19, trouveront, dans ce monde global et fragile, un terreau fertile. Toujours. Ils vont se multiplier et nous devons nous y préparer.

  • Ils nécessiteront des mesures radicales, et les effets bénéfiques des confinements décidés en Chine en sont les meilleurs exemples.
  • Ils nécessiteront une coordination qui devra à l’avenir être planétaire; là où la crise actuelle a plutôt démontré l’incapacité de l’Europe d’avancer alignée. Une nouvelle fois.
  • Ils nécessiteront, surtout, beaucoup de sang froid dans leur gestion. Et un excellent partage d’informations. Pour contenir les réactions irrationnelles et pour éviter que la psychose l’emporte.

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