Goffin préside le Conseil de sécurité sur fond de tensions entre la Belgique et Israël

Le ministre belge des Affaires étrangères Philippe Goffin présidera ce mardi le Conseil de sécurité de l'ONU. ©Photo News

Le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin préside ce mardi une session du Conseil de sécurité consacrée au plan de paix américain pour le conflit israélo-palestinien. Tout cela en pleine tension diplomatique ente Bruxelles et Tel Aviv.

Cette semaine sera pour la Belgique le point d'orgue de ses deux années de participation au Conseil de sécurité de l'ONU, l'organe chargé de maintenir la paix dans le monde. 

Le Roi Philippe et la Reine Mathilde se sont envolés lundi pour New York, accompagnés du ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin (MR). Le chef d'État interviendra mercredi à la tribune de l'ONU. Il évoquera la protection des enfants dans les conflits armés, un enjeu qui concerne plus de 420 millions d'enfants dans le monde.

Notre pays occupe en février la présidence du Conseil de sécurité, un poste prestigieux où elle entend faire valoir ses priorités. En plus de la question des enfants dans les conflits armés, il s'agit de la justice transitionnelle et de l’importance de la coopération européenne au Conseil de sécurité. Mais la Belgique doit aussi faire face aux crises urgentes

Plan Trump pour le Moyen-Orient 

Ce mardi, le ministre Goffin présidera une session spéciale du Conseil de sécurité sur le processus de paix au Moyen-Orient, en présence du Président palestinien Mahmoud Abbas. À l'ordre du jour, le plan américain pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien. La mission de Philippe Goffin sera délicate. La Belgique, alignée sur la position de l'UE, voit ce plan comme une reconnaissance des colonies israéliennes.

420
millions d'enfants
Plus de 420 millions d'enfants dans le monde souffrent des situations de conflits.

"Tout est possible dans ce genre de rencontre, comme la présentation de plans alternatifs", dit une source. Selon des rumeurs, Mahmoud Abbas pourrait rencontrer en marge de cette réunion l'ancien Premier ministre d'Israël Ehud Olmert.

Pour rappel, le plan présenté le 28 janvier dernier par le Président Donald Trump prévoit l'annexion des colonies juives en Cisjordanie et la création d'un État palestinien démilitarisé. Jérusalem deviendrait "la capitale indivisible" d'Israël. Le plan a reçu le soutien du gouvernement israélien. Les Palestiniens, le jugeant trop favorable à Israël, l'ont rejeté.

Sur le terrain, les tensions entre Israéliens et Palestiniens se sont accrues. Depuis la présentation du plan, le Hamas a tiré quotidiennement des missiles depuis Gaza sur le sud d'Israël, qui a riposté ce dimanche en bombardant deux postes militaires du Hamas. Des affrontements en Cisjordanie occupée ont fait 5 morts côté palestinien. Une délégation égyptienne s'est rendue ce lundi à Gaza pour négocier un retour au calme.

Tensions entre la Belgique et Israël

La semaine dernière, le gouvernement israélien était furieux contre la Belgique en raison de l'invitation lors d'une réunion prévue le 24 février au Conseil de sécurité, de Brad Parker, responsable de l'ONG DCI-P (Defense for Children International - Palestine), considérée par Tel-Aviv comme proche du FPLP, une organisation jugée terroriste. 

"Il est inadmissible que la vie des enfants, pris sous les roquettes du Hamas depuis 15 ans, ne soit pas prise en compte."
Emmanuel Nashon
Ambassadeur d'Israël en Belgique

Emmanuel Nashon, l'ambassadeur d'Israël en Belgique, ne décolère pas. "La Belgique commet une erreur en invitant au Conseil de sécurité une organisation connue pour son opposition à Israël. Il est inadmissible que la vie des enfants, pris sous les roquettes du Hamas depuis 15 ans, ne soit pas prise en compte, dit-il. Nous demandons à la Belgique d'annuler cette invitation qui pervertit la nature de cette institution."

"Cette ONG a depuis longtemps un statut consultatif à l'Unesco, elle a sa propre vision de ce qui se passe côté palestinien, dit un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères. Et non, elle n'est pas une chantre de la cause palestinienne."

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