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Il reste huit ans pour diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux

©AFP

Le Programme des Nations unies pour l'environnement tire la sonnette d'alarme: le temps nous est compté pour limiter les effets de la crise climatique.

Il reste huit années à l'Humanité pour diviser grosso modo ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par deux, et ainsi avoir une chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5°C au cours de ce siècle. Voilà l'avertissement lancé mardi par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dans son dernier rapport sur l'écart entre les engagements des États en matière d'émissions de GES et ce qu'il convient de faire pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le climat.

Selon cet "emissions gap report 2021", douzième du nom, publié à cinq jours du début de la COP26 à Glasgow, les engagements pris jusqu'ici par les États conduiraient à un réchauffement mondial de 2,7°C au cours du siècle. Les contributions déterminées au niveau national (NDC ou CDN dans le jargon des négociations climatiques, NDLR) mises à jour ainsi que d'autres engagements pris par certains pays, mais pas encore traduits sous forme de NDC ne réduiraient que de 7,5% les émissions de GES par rapport à la précédente série d'engagements, estime le rapport du Pnue.

"Le changement climatique n'est plus un problème futur. C'est un problème actuel."
Inger Andersen
Directeur exécutif du Pnue

Cela, alors qu'une réduction des émissions de 30% est nécessaire pour espérer maintenir le réchauffement à 2°C et même de 55% pour tenir l'objectif de +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. "Le changement climatique n'est plus un problème futur. C'est un problème actuel", alerte le directeur exécutif du Pnue, Inger Andersen, appelant les États à prendre des mesures d'urgence pour le climat.

Ambitions rehaussées

En vertu de l'accord de Paris, les pays sont tenus de soumettre des NDC plus ambitieuses tous les cinq ans. Au 30 septembre 2021, seulement 120 pays, représentant un peu plus de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avaient annoncé de nouvelles NDC.

Réduire les émissions de méthane limiterait plus rapidement l'augmentation de température.

Mais les engagements de neutralité carbone ou zéro émission nette apportent une lueur d'espoir, selon le Pnue. "Si ceux-ci étaient pleinement mis en œuvre, cela pourrait conduire à une augmentation de la température mondiale de 2,2°C, laissant espérer que des mesures supplémentaires permettraient encore d'éviter les conséquences les plus catastrophiques du changement climatique", souligne-t-on.

Un total de 49 pays, plus l'Union européenne, ont annoncé un objectif de zéro émission nette. Dernièrement, la Russie et l'Arabie saoudite (pour 2060) ainsi que l'Australie (pour 2050) se sont engagées sur cette voie. Mais les promesses de neutralité carbone sont souvent vagues et dépourvues d'objectifs intermédiaires crédibles de réductions des émissions de GES.

Urgence climatique

Le rapport onusien constate encore que les mesures de relance prises par de nombreux pays à la suite de la pandémie sont très loin de s'inscrire dans un scénario compatible avec les objectifs de l'accord de Paris. Alors que les émissions mondiales de CO2 ont diminué de 5,4% en 2020, avec la crise du covid, ces mêmes émissions sont attendues à nouveau en hausse en 2021, légèrement sous leur record de 2019.

Le rapport du Pnue se penche en outre sur la question du méthane, dont les émissions représentent la deuxième plus grande contribution (après le CO2) au réchauffement mondial. Ce gaz, qui a un potentiel de réchauffement plus élevé que le dioxyde de carbone, demeure en revanche beaucoup moins longtemps que le CO2 dans l'atmosphère (12 ans contre des centaines d'années).

Réduire les émissions de méthane limiterait plus rapidement l'augmentation de température, souligne l'organe onusien, ajoutant que des mesures techniques disponibles et peu coûteuses permettraient déjà de réduire les émissions d'origine humaine de méthane de quelque 20% par an. Un niveau qui pourrait passer à -45% en ayant recours à des mesures plus structurelles et comportementales.

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