Iran : reprise des négociations sur le nucléaire

Manifestation à Téhéran du 19 novembre pour supporter le programme nucléaire iranien ©AFP

Les négociations sur le programme nucléaire iranien ont repris entre les grandes puissances et l'Iran. Pour les négociateurs, un accord serait possible, mais les discussions s'annoncent difficiles.

Les diplomates des grandes puissances et de l'Iran ont repris mercredi à Genève de délicates discussions sur le programme nucléaire iranien, dans un climat nettement refroidi par des déclarations du guide suprême iranien Ali Khamenei à l'encontre d'Israël, et implicitement de la France.

Les négociateurs du groupe P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne) et la délégation iranienne conduite par le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, se retrouvent pour la troisième fois en cinq semaines, afin de tenter de conclure un premier accord sur le programme nucléaire iranien controversé. Accord jugé "possible" par les différents négociateurs au cours des derniers jours, mais les discussions s'annoncent difficiles.

Quelques heures avant la reprise des négociations, le guide suprême iranien Ali Khamenei a mis la pression sur ses négociateurs en leur fixant des "lignes rouges" et en répétant que son pays ne reculerait pas sur ses droits nucléaires." Par "ligne rouge", il entend notamment l'enrichissement d'uranium sur le sol iranien et le refus de fermer le site souterrain d'enrichissement de Fordo.

Israël et Paris dans le collimateur

Surtout, le guide s'est livré à une violente charge contre Israël, déjà accusé la veille par l'Iran d'être derrière le double attentat suicide contre l'ambassade iranienne à Beyrouth, qui a fait au moins 23 morts.

Paris, qui affiche une position intransigeante sur le dossier du nucléaire iranien, a été accusé, notamment en Iran, d'avoir fait capoter le précédent round de négociations de Genève, du 6 au 9 novembre, où un accord avait un moment semblé très proche. Ces "déclarations inacceptables compliquent la négociation à Genève", a immédiatement réagi à Paris la porte-parole du gouvernement français Najat Vallaud-Belkacem. "Nous souhaitons évidemment que les négociations aboutissent. Nous voulons un accord sérieux, solide et qui donne toutes les garanties", a-t-elle précisé.

En ce qui concerne les Etats-Unis, le Président Barack Obama a affirmé :"Je ne sais pas si nous serons capables de parvenir à un accord cette semaine ou la semaine prochaine". Mais lors d'une rencontre à la Maison Blanche, il a demandé à d'importants sénateurs américains de donner une chance aux pourparlers, et de ne pas voter un renforcement des sanctions existantes, comme certains l'envisagent.

Le précédent round de discussions s'était achevé le 9 novembre à Genève sans aboutir. Tous les participants avaient cependant souligné les progrès accomplis, rendus en grande partie possibles par la politique d'ouverture menée par le président Rohani depuis son élection en juin. Le chef de la diplomatie britannique William Hague a estimé mercredi à Istanbul que les négociations de Genève constituaient une "opportunité historique".

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