Israël ouvre une enquête parlementaire sur le logiciel Pegasus

L'entreprise israélienne de cybersécurité NSO est accusée d'avoir permis à des États d'espionner journalistes et militants à travers son logiciel Pegasus. ©REUTERS

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur le logiciel espion Pegasus, potentiellement utilisé par certains États pour espionner des personnalités.

Pegasus a-t-il été utilisé à "mauvais escient" par certains États pour espionner des personnalités? Pour tenter de répondre à cette question, le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur l'utilisation du logiciel d'espionnage, a indiqué ce jeudi un député israélien.

"À l'issue de l'enquête, (…) nous évaluerons si nous devons apporter des corrections."
Ram Ben-Barak
Député israélien

"La Défense a désigné une commission composée d'un certain nombre de groupes", a déclaré à la radio militaire Ram Ben-Barak, à la tête de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien (Knesset). "À l'issue de l'enquête, (…) nous évaluerons si nous devons apporter des corrections", a ajouté le député centriste et ancien directeur adjoint du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens.

Scandale mondial

Le logiciel Pegasus, conçu par la société israélienne de cybersécurité NSO, est au cœur d'un scandale mondial d'espionnage. Cette affaire a poussé l'ONG Reporters sans frontières à réclamer un moratoire sur les ventes du logiciel. La Chancelière allemande Angela Merkel a également demandé plus de restrictions sur la vente de ces systèmes. 

14
chefs d'États
Pegasus aurait permis d'espionner les numéros d'au moins 180 journalistes, 85 militants des droits humains et 14 chefs d'État.

Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50.000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés. Ils l'ont ensuite partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche. Pegasus aurait permis d'espionner les numéros d'au moins 180 journalistes, de 85 militants des droits humains ou encore de 14 chefs d'État, dont le Président français Emmanuel Macron. NSO réfute toutefois ces affirmations.

Réseaux criminels

Régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, NSO assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes. Jeudi, Shalev Hulio, le PDG du groupe, a dénoncé dans un entretien à la radio de l'armée une tentative de "salir l'ensemble de la cyberindustrie israélienne" et s'est dit "très favorable" à une enquête pour "blanchir" sa société.

Permettant d'infiltrer des systèmes informatiques, Pegasus est considéré comme un produit de cybersécurité offensif et doit donc obtenir le feu vert du ministère israélien de la Défense pour être vendu à des pays tiers, au même titre qu'une arme.
Le groupe affirme avoir vendu Pegasus à plus d'une quarantaine de pays, chaque fois avec l'accord des autorités israéliennes.

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