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Joe Biden et Xi Jinping se confrontent à l'ONU

Le président américain a délivré son discours depuis le siège des Nations Unies à New-York, où un nombre restreint de représentants assistaient à l'Assemblée générale. ©EPA

Les présidents américains et chinois s'exprimaient lors de l’Assemblée générale de l'ONU mardi, alors que les relations entre les deux pays se tendent.

Mardi, Joe Biden et Xi Jinping s’exprimaient lors de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), délivrant deux visions du monde qui se confrontent alors que les relations entre les deux puissances s’enveniment. Dernier point de tension: l’alliance militaire Aukus entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie destinée à contrer l’expansionnisme chinois dans la zone Indo-Pacifique.

Dès l’ouverture de l’Assemblée, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a exhorté les États-Unis et la Chine au "dialogue", martelant qu’il "sera impossible de relever des défis économiques et de développement dramatiques alors que les deux plus grandes économies du monde sont en désaccord".

US-Chine: un conflit larvé

8,5%
Croissance chinoise
La croissance chinoise est estimée à 8,5% pour l'année 2021 selon les données de la Banque mondiale

"La tension est d’abord économique: la Chine est devenue un concurrent majeur sur le plan économique", analyse Serge Jaumain, professeur d’histoire contemporaine à l’ULB. Avec un taux de croissance estimé à 8,5% pour 2021, la Chine pourrait devenir la première économie mondiale et détrôner les États-Unis d’ici 2028 selon le Center for Economics and Business Research. "Mais la tension devient aussi de plus en plus géopolitique. La Chine a éclipsé la Russie comme puissance qui s’oppose aux USA."

Poursuivant la guerre commerciale initiée par son prédécesseur et adoptant une posture parfois jugée plus sévère, Biden a fait du géant asiatique la priorité de sa politique extérieure. "Avec Trump on a vécu un isolationnisme des USA, et la Chine a renforcé sa position. Son influence directe et indirecte n’a cessé de croître. C’est cela que Biden veut combattre sur tous les terrains."

"L’évolution récente de la situation internationale prouve une fois de plus que l’intervention militaire extérieure et la prétendue transformation démocratique ne conduisent qu’à des conséquences désastreuses"
Xi Jinping
Président de la Répubique populaire de Chine

"Pas une nouvelle Guerre Froide"

Tout au long de son discours, le premier qu’il donnait à la tribune du multilatéralisme, Joe Biden a appelé à l’unité pour "défendre les démocraties" face aux "autocraties" alors que le monde se trouve à un "point d’inflexion".  

S’il affirme ne pas vouloir d’une "nouvelle Guerre froide, ni d’un monde divisé en blocs rigides", il déclare que "les États-Unis vont participer à la compétition avec vigueur". Un avertissement implicitement dirigé à Pékin.

"Avec nos valeurs et notre force, nous allons défendre nos alliés et nos amis, et nous opposer aux tentatives des pays plus forts de dominer les plus faibles." Il a notamment appelé à "dénoncer les abus" perpétrés (envers les Ouïghours, NDLR) dans la région chinoise du Xinjiang.

Mais le président insiste – les États-Unis entrent dans une "ère de diplomatie" dans laquelle la force militaire ne sera utilisée "qu'en dernier recours".

"La démocratie n’est pas la priorité d’un pays"

"Le covid continue de sévir dans le monde et la société en a été profondément changé. Notre monde est entré dans une période de turbulences nouvelles", a déclaré à son tour le président chinois Xi Jinping. Face à ces turbulences, il plaide à son tour pour une coopération "gagnant-gagnant".

"La démocratie n’est pas la priorité exclusive d’un pays quelconque mais un droit pour tous les peuples", surenchérit-il. "L’évolution récente de la situation internationale prouve une fois de plus que l’intervention militaire extérieure et la prétendue transformation démocratique ne conduisent qu’à des conséquences désastreuses."

Il souligne que "le succès d’un pays ne veut pas forcément dire l’échec d’un autre". Dans un dernier tacle, et se positionnant comme défenseur de la paix internationale, le président chinois ajoute: "Jamais la Chine n’a envahi ou opprimé les autres nations ni prétendu à l’hégémonie, et elle ne le fera jamais."

Le résumé

  • Joe Biden et Xi Jinping se sont exprimés lors de l'Assemblée générale des Nations Unies (ONU) alors que leurs relations s'enveniment.
  • Joe Biden assure ne pas vouloir de "nouvelle Guerre Froide" tout en maintenant que les États-Unis se défendraient face à des pays autoritaires.
  • Dans une vidéo pré-enregistrée, Xi Jinping a appellé à rejeter la "mentalité de bloc et de jeu à somme nulle".

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