L'ambition climatique doit être quintuplée (PNUE)

Les centrales électriques à charbon brun de Neurath et Niederaussem, dans le bassin rhénan, sont une source majeure d'émissions de CO2 en Europe. ©EPA

Faute d'avoir agi vite et fort contre le réchauffement climatique, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an tout au long de la décennie qui vient si l'on veut espérer arrêter le réchauffement à 1,5°C, avertit le Programme des Nations unies pour l'Environnement.

Pour respecter l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C, il faut désormais réduire les émissions de 7,6% par an au cours de la décennie qui s'ouvre. C'est le constat que pose ce mardi le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) dans son rapport annuel phare, l'Emission Gap Report.

L'organisation souligne que les technologies et la connaissance politique existent déjà pour arrêter les émissions, "mais les transformations doivent commencer maintenant".

Quasi plus de marge

Notre échec collectif à agir vite et fort sur le changement climatique signifie que nous devons maintenant opérer des coupes claires d'émissions - plus de 7 % par an, si nous le répartissons de manière uniforme au cours de la décennie qui vient.
Inger Andersen
directeur exécutif du PNUE

La marge de manœuvre s'est réduite à peau de chagrin. Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les années 2015-2019 ont vu la hausse de la température mondiale atteindre +1,1°C par rapport à celle de la fin du XIXe siècle. Et les émissions de gaz à effet de serre ont continué de s'accélérer en 2018, avec un record annuel de concentration de CO2 dans l'atmosphère à 407,8 partie par million (ppm) en moyenne, indiquait lundi la même organisation.

Dans le cadre de l'Accord de Paris, qui ambitionne de limiter le réchauffement à +2°C et de poursuivre les efforts pour tendre vers +1,5°C, les États ont pris des engagements volontaires en matière de réduction d'émissions. Mais s'ils sont mis en oeuvre, souligne le PNUE, ils ne permettront de limiter le réchauffement qu'à 3,2°C, ce qui aurait des impacts dévastateurs pour les conditions de vie sur Terre.

Émissions de 55 gigatonnes d'équivalent CO2 en 2018, un record

"L'ambition collective doit être plus que quintuplée par rapport aux niveaux actuels pour permettre les réductions [d'émissions] nécessaires au cours de la décennie qui vient pour atteindre l'objectif de 1,5°C", indique le PNUE.

"Notre échec collectif à agir vite et fort sur le changement climatique signifie que nous devons maintenant opérer des coupes claires d'émissions - plus de 7 % par an, si nous le répartissons de manière uniforme au cours de la décennie qui vient", a indiqué le directeur exécutif du PNUE, Inger Andersen, dans un communiqué.

L'an dernier, les émissions ont atteint le nouveau record de 55 gigatonnes d'équivalent CO2 (GT CO2éq). Pour espérer limiter le réchauffement à 1,5°C, les émissions annuelles devraient être dans dix ans plus basses de de 32 GT CO2éq qu'aujourd'hui - ce qui représenterait sur une base annuelle une réduction d'émissions de 7,6% par an au cours de la décennie.

Arrêter de procrastiner

De la fumée s'échappant des cheminées de la centrale à gaz située en périphérie de Moscou. ©EPA

Les États "ne peuvent pas attendre la fin 2020 pour intensifier l'action", insiste le secrétaire général du PNUE dans un communiqué. L'an prochain, la conférence climatique (COP26) qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, sera le moment d'acter la mise à jour des engagements nationaux en matière de climat. Le pouls de l'ambition climatique qui y sera pris marquera une étape déterminante dans la définition de la voie que les nations choisissent pour contrer le réchauffement à l'heure du retrait annoncé du deuxième pollueur mondial, les États-Unis, de l'Accord de Paris.

Si nous ne rattrapons pas rapidement "les années où nous avons procrastiné", alors l'objectif de 1,5°C sera "hors d'atteinte avant 2030", poursuit encore le directeur exécutif. Ce qui aurait pour effet une augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements climatiques extrêmes, comme les vagues de chaleur et les tempêtes que l'on voit déjà s'intensifier depuis quelques années.

La note des grandes économies: 5/20

Alors que les pays membres du G20 représentent 78% des émissions mondiales, cinq d'entre eux à peine se sont engagés dans un calendrier pour atteindre zéro émission nette. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ne sont jusqu'à présent pas parvenus à s'entendre pour s'engager vers la neutralité carbone d'ici 2050, comme le préconise la Commission européenne.

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