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L'Arabie saoudite prête à augmenter sa production pétrolière

Le roi saoudien Salmane a confirmé l'augmentation de la production pétrolière de son pays. ©REUTERS

Annoncée par le Président américain Donald Trump samedi, la hausse de la production pétrolière de l'Arabie Saoudite vient d'être confirmée par Riyad. Une démarche qui a vocation à stabiliser les cours pétroliers.

"Les prix sont trop hauts!", avait fustigé le Président américain Donald Trump faisant allusion, sur Twitter, aux tarifs pétroliers. Le dirigeant avait enjoint Riyad d'augmenter sa production de pétrole afin d'infléchir les tarifs à la baisse. L'Arabie saoudite s'est engagée dans ce sens.

Stabiliser le marché pétrolier

"L'Arabie saoudite est prête à utiliser, au besoin, sa capacité de production pour faire face à l'avenir à toute fluctuation du marché", a précisé ce mardi le Conseil des ministres via un communiqué, à l'issue de sa réunion ordinaire. Une capacité de production estimée à 2 millions de barils par jour. Un chiffre déjà annoncé par Donald Trump samedi matin.

2 millions
Nombre potentiel de barils de pétrole supplémentaires par jour
L'Arabie saoudite serait en mesure d'augmenter sa production pétrolière à raison de 2 millions de barils supplémentaires chaque jour.

Cependant, les États-Unis et l'Arabie saoudite ont par la suite nuancé ce chiffre en expliquant qu'il s'agissait de ressources qui seraient utilisées "si et quand il sera nécessaire afin d'assurer l'équilibre et la stabilité des marchés." Aussi, en augmentant l'extraction de brut, Riyad entend-t-elle assurer un équilibre du marché pétrolier "en coordination avec les autres pays producteurs."

Pour rappel, les pays membres de l'Opep s'étaient récemment alignés sur l'idée d'une augmentation de la production de pétrole. Un compromis finalement obtenu après les nombreuses voltes-faces du partenaire iranien. A l'issue de leur rencontre, les dirigeants avaient accordé leurs violons sur une augmentation quotidienne effective de 600.000 barils supplémentaires. L'accord avait été jugé trop "vague"  par les investisseurs pour avoir une influence significative sur les cours.

Combler la baisse de l'offre iranienne

Du côté de Washington, l'augmentation de la production pétrolière saoudienne est perçue comme un moyen d'éviter la hausse des prix du brut tout en compensant la future baisse de l'offre côté iranien.

En effet, Donald Trump entend mettre sur pied un embargo sur le pétrole iranien. La sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien s'est doublée d'une promesse de rétablissement des sanctions sur l'Iran à partir du 4 novembre.

Téhéran déterminé à mettre en échec l'embargo américain

Téhéran n'a pas tardé à réagir face aux menaces du Président américain d'instaurer un embargo sur le pétrole iranien. Qualifiant de "pure imagination" le projet de Donald Trump, l'Iran a assuré qu'elle le mettrait en "échec."

"Nous allons assurément faire quelque chose pour mettre en échec ce slogan des États-Unis selon lequel le pétrole de l'Iran doit être endigué", a déclaré Eshagh Jahangiri, le premier vice-président iranien lors d'une allocution télévisée. Les États-Unis avaient annoncé vouloir "réduire à zéro" les revenus iraniens issus du pétrole.

"Un tel scénario signifierait de la part des États-Unis d'imposer une politique impérialiste en violation flagrante des lois et règlements internationaux", a souligné le président iranien Hassan Rohani. "Il s'agit vraiment de pure imagination, infondée, injuste, qu'un jour, tous les producteurs de pétrole soient autorisés à exporter leur pétrole, sauf l'Iran."

Dans le même temps, les autorités iraniennes ont mis en garde Riyad contre toute volonté de se substituer à l'Iran sur le marché mondial.

 

"Le président pousse l'Arabie saoudite à compenser les baisses de l'offre qui vont peser sur le marché quand les sanctions américaines contre l'Iran vont être appliquées, à partir du 4 novembre", ont commenté les analystes de RaboBank.

Le département d’État américain va même jusqu'à faire planer le spectre de sanctions sur tous les pays qui importeraient du pétrole iranien, y compris la Chine et l'Inde, clients importants de Téhéran.

Quel impact sur les places financières?

Après une baisse ce lundi, les cours du pétrole ont effectué une ascension en cours d'échanges européens à tel point que le baril a dépassé le seuil des 75 dollars ce mardi pour la première fois depuis plus de trois ans. En effet, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 75,50 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,20 dollar par rapport à la clôture de lundi.

75,50 dollars
Prix du baril de pétrole Brent
Ce mardi, le prix du baril du pétrole de Brent a atteint 75,50 dollars. C'est la première fois en plus de trois ans que le tarif du baril de pétrole franchit le seuil de 75 dollars.

Le marché s'inquiète d'un potentiel manque d'offre. "Il ne faut pas oublier que l'Arabie saoudite n'a pas promis de déployer la totalité de ses 2 millions de barils quotidiens, et que même s'ils le voulaient il leur faudrait plusieurs mois pour produire à ce rythme", a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM.

Pour les analystes de Morgan Stanley, le marché "épuise ses capacités de production sans augmenter son niveau réel d'extraction."

La Bourse de New York évolue en hausse en début de séance ce mardi. Les actions profitent, entre autres, d'une nouvelle envolée des cours du pétrole. L'indice Dow Jones gagnait 119,85 points, soit 0.49%, à 24.427, 03 points, une dizaine de minutes après l'ouverture.

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