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L'élite mondiale se retrouve à Davos pour un sommet sous tension

Le FEM qui s'ouvre mardi à Davos aura notamment pour thème un monde plus "solidaire et durable". ©REUTERS

La 50e édition du Forum économique mondial s'ouvre mardi à Davos. Un sommet qui risque de révéler de nombreuses divisions entre les États, notamment sur les questions climatiques, et de servir de tribune électorale au président Trump

Dirigeants politiques, chefs d’entreprise et intellectuels du monde entier se rencontrent à partir de mardi à Davos, dans les Alpes suisses, à l’occasion de la 50e édition du Forum économique mondial (FEM). Jusqu’à vendredi, ils discuteront des solutions à apporter aux problèmes internationaux actuels. Le sommet appelle cette année à œuvrer pour un monde plus "solidaire et durable".

Parmi les quelque 2.800 participants, plusieurs chefs d’État ou de gouvernement sont attendus, notamment le vice-Premier ministre chinois Han Zheng, la chancelière allemande Angela Merkel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Donald Trump en campagne

Le Président américain Donald Trump sera présent à Davos mardi, le jour même de l'ouverture de son procès en destitution. ©REUTERS

Mais la vedette du Forum sera sans aucun doute le Président américain Donald Trump. Il devrait profiter de son discours, prévu mardi, pour vanter la santé économique des États-Unis. "Notre pays est le pays le mieux positionné au monde. Tous les dirigeants de la planète me disent: Comment avez-vous fait cela? Nous n'avons jamais vu quelque chose d'aussi incroyable", a-t-il déjà lancé jeudi dernier.

Le fait d’être dans une période électorale risque de renforcer les tensions et de créer un obstacle supplémentaire au dialogue.
Sebastian Santander
Professeur à l'ULiège et directeur du CERIF

Selon plusieurs analystes, le président américain s'adressera surtout au peuple américain alors qu'il est en campagne en vue de la présidentielle du mois de novembre. Ce qui ne sera peut-être pas sans conséquence sur le déroulement du sommet.

"Le fait d’être dans une période électorale risque de renforcer les tensions et de créer un obstacle supplémentaire au dialogue. Donald Trump essaie de mettre de son côté les décisions qu’il a prises, notamment la réinstauration des sanctions envers l’Iran, puisqu’une partie de l’électorat américain est favorable aux mesures 'cow-boy' du Président", explique Sebastian Santander, professeur ordinaire et directeur du Center for International Relations Studies (CEFIR) de l'Université de Liège.

Vers un dialogue de sourds sur le climat?

Autre "guest star" du sommet international: la jeune Greta Thunberg, qui, à 17 ans, participe déjà pour la deuxième fois consécutive au FEM. La militante écologiste entend faire réagir l’élite mondiale face à l’urgence climatique, l’une des thématiques centrales cette année.

Mais les discussions risquent de rester tendues, tant les positions divergent concernant la question environnementale. L’Europe risque de se confronter une fois de plus à l’attitude de dirigeants climatosceptiques, comme Donald Trump par exemple.

"On a des acteurs qui sont plus engagés dans une position unilatérale, alors que Davos ambitionne normalement de trouver des solutions collectives à des problèmes communs. La crainte que j’ai personnellement est que chacun campe sur ses positions. On serait alors face à un dialogue de sourds", confie Sebastian Santander.

Hypocrisie et greenwashing

Ça ne suffit pas de dire à quel point la crise climatique est grave.
Greenpeace

Si l’accent se veut mis sur le climat, plusieurs associations et ONG ont accusé le FEM d’hypocrisie et de greenwashing. Elles ont ainsi réagi à l’étude publiée par les organisateurs du sommet au sujet des préoccupations des chefs d’entreprise mondiaux. L’enquête révèle que les cinq premiers risques mondiaux pour les dix prochaines années tels qu'identifiés par les participants au Forum sont tous environnementaux. Mais Greenpeace n'est pas convaincu.

"Ça ne suffit pas de dire à quel point la crise climatique est grave. Les banques et institutions financières qui se rendront en jet privé à Davos la semaine prochaine ont gagné des milliers de milliards de dollars en injectant des fonds dans des (hydrocarbures) qui dévastent le climat", a commenté l’ONG. Lors de la précédente édition du Forum, 1.500 vols de jets privés avaient été recensés...  

Rapport PwC | Pessimisme des CEO pour 2020

Les dirigeants d’entreprises belges se montrent pessimistes sur les perspectives économiques pour 2020, selon l’étude sur les attentes des CEO présentée lundi soir à Davos par le bureau conseil PwC. 63% des CEO belges anticipent un recul de la croissance mondiale, contre 45% l’an dernier.

Concernant leur propre organisation, la première menace qu’ils identifient est le manque de disponibilité des compétences (83%), devant la vitesse des changements technologiques (76%) et les cybermenaces (71%); 29% d’entre eux se disent "extrêmement préoccupés" par le risque de cyberattaques.

À moyen terme, en revanche, les CEO belges se font plus optimistes: 81% sont positifs quant à leurs perspectives de croissance de chiffre d’affaires pour les trois prochaines années.

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