L'équivalent de 255 millions d'emplois perdus dans le monde à cause de la pandémie

Durant l'épidémie, la Belgique a été plus touchée que ses voisins du Benelux avec une baisse de 7,3% des heures de travail. ©© Uwe Umstätter/Westend61/Corbis

La pandémie de Covid-19 a provoqué des "dommages massifs" sur l'emploi, avec l'équivalent de 255 millions d'emplois perdus en 2020, selon l'Organisation internationale du travail (OIT).

Sur l'ensemble de 2020, un peu moins d'une heure de travail sur dix (8,8%) a été perdue. Cela qui équivaut à 255 millions d'emplois à temps plein, soit quatre fois plus d'heures de travail parties en fumée que pendant la crise financière de 2009, souligne l'agence spécialisée de l'ONU, dans son septième rapport consacré à l'impact de la pandémie sur le monde du travail.

7,3%
En Belgique, ce sont 7,3% des heures de travail qui ont été perdues suite à la crise.

La Belgique a été plus touchée que ses voisins du Benelux avec une baisse de 7,3% des heures de travail. Les Pays-Bas et le Luxembourg ont respectivement accusé une baisse de 4,3% et 3,7%. De son côté, l'Union européenne affiche un pourcentage proche de la moyenne internationale puisqu'il s'élève à une diminution de 8,3% des heures de travail. 

Ces pertes massives ont entraîné une baisse de 8,3% des revenus du travail dans le monde, sans tenir compte des plans d'aide qui ont fleuri un peu partout, soit 3.700 milliards de dollars ou encore 4,4% du produit intérieur brut mondial, précise l'OIT.

Le vaccin pourrait renverser la tendance

Depuis que le virus du Covid-19 a été détecté en Chine fin 2019, la pandémie a précipité le monde dans une grave crise économique en plus de faire plus de 2,1 millions de morts et d'infecter une centaine de millions de personnes.

"Les dernières prévisions pour 2021 indiquent que la plupart des pays devraient connaître une croissance relativement forte dans la deuxième moitié de l'année, au fur et à mesure que les programmes de vaccination seront opérationnels", indique le rapport dans une note plus positive.

Un avenir incertain

L'observatoire de l'Organisation a prévu trois scénarios. Celui de référence table sur une baisse de 3% des heures de travail en 2021, si la pandémie est sous contrôle et si la confiance des entreprises et des consommateurs revient.

"Une reprise centrée sur l'humain afin de mieux reconstruire en donnant la priorité à l'emploi, aux revenus et à la protection sociale, au droit du travail et au dialogue social."
Guy Ryder
Directeur général de l'Organisation internationale du travail

"Nous sommes à la croisée des chemins. L'un d'entre eux mène vers une reprise économique inégale, non durable, une reprise teintée d'inégalités grandissantes et d'une instabilité croissante, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles crises", met en garde Guy Ryder, directeur général de l'OIT. Il indique toutefois qu'un autre chemin est possible: celui qui passe "par une reprise centrée sur l'humain afin de mieux reconstruire en donnant la priorité à l'emploi, aux revenus et à la protection sociale, au droit du travail et au dialogue social".

En attendant de voir quelles mesures seront mises en oeuvre pour aider la reprise, l'OIT note que les femmes ont été plus touchées que les hommes. Autres grandes victimes de la crise, les jeunes travailleurs ont été particulièrement impactés, soit en perdant leur emploi, soit en quittant la vie active ou encore en retardant leur entrée sur le marché du travail, estime le rapport, qui parle de risque "d'une génération perdue".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés