L'Europe demande le retrait de l'armée russe à la frontière ukrainienne

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, est préoccupé par la démonstration de force de la Russie à la frontière ukrainienne. ©EPA

Les Vingt-Sept ont adressé un avertissement à la Russie face au déploiement de troupes à la frontière ukrainienne et à l'état de santé inquiétant d'Alexeï Navalny.

La Russie continue à acheminer des milliers de soldats à la frontière ukrainienne et en Crimée, et il ne s'agit pas que de troupes ordinaires. Selon plusieurs sources, ce déploiement s'accompagne d'artillerie, d'hôpitaux de campagne et de réserves. Cette situation inquiète l'Union européenne et ses alliés.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis lundi par vidéoconférence, ont exprimé leur "préoccupation" et ont demandé à la Russie de "retirer ses troupes". La dégradation de l'état de santé du chef de l'opposition russe, Alexeï Navalny, était aussi à l'ordre du jour. La réunion a été suivie par un entretien avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba.

"C'est le déploiement le plus massif auquel on n'ait jamais assisté à la frontière ukrainienne. On n'est jamais à l'abri d'une étincelle."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères

Il y a quelques jours, le déploiement de troupes russes s'apparentait à un exercice de musculation. Un show de Moscou, alors que des élections ont lieu en septembre et que Vladimir Poutine doit prononcer mercredi son discours sur l'état de l'union. Les mouvements les plus récents indiquent une volonté de faire monter la pression. Une stratégie difficile à percer.

"Risque d'escalade"

"Plus de 100.000 soldats se retrouvent à la frontière et en Crimée. Le risque d'escalade est réel", a dit lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, après la réunion des ministres des Affaires étrangères. Après avoir annoncé un déploiement de 150.000 soldats, il est revenu sur ce nombre en fin de soirée. "Je ne peux pas vous dire d'où viennent ces informations, mais c'est le déploiement le plus massif auquel on n'ait jamais assisté à la frontière ukrainienne, c'est préoccupant. On n'est jamais à l'abri d'une étincelle." La semaine dernière, les services américains faisaient état de 80.000 militaires russes mobilisés aux portes de l'Ukraine.

100.000
Militaires
Le nombre de soldats déployés à la frontière ukrainienne a atteint 100.000, selon les données les plus récentes.

Plusieurs pays européens, Lituanie et Pologne en tête, ont réclamé durant la réunion de nouvelles sanctions contre la Russie. "Nous devons envoyer un message très clair et uni", a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis.

Mais les Vingt-Sept sont désunis sur la question. Pour d'autres États, dont l'Allemagne, préoccupée par le gazoduc Nord Stream 2, et l'Italie, traditionnellement proche de Moscou, il convient d'attendre. "On ne s'achemine pas vers de nouvelles sanctions, mais cela peut changer", a dit Josep Borrell.

"La situation de M. Navalny est critique. Les autorités russes doivent lui donner accès aux professionnels de la santé auxquels il fait confiance."
Josep Borrell

Les ministres des Affaires étrangères ont aussi évoqué l'expulsion de 18 diplomates russes par la Tchéquie, une décision suivie du renvoi de 20 diplomates tchèques par la Russie. "Il y a des liens évidents entre ces diplomates russes et les services secrets", a dit Borrell. Mais l'UE ne répliquera pas. "Il n'y aura pas d'expulsion en masse de diplomates russes", a-t-il ajouté.

En temporisant ainsi, Bruxelles se distingue de Washington, qui vient de prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de responsables et entités russes.

L'UE s'inquiète pour Navalny

"La situation de M. Navalny est critique", a martelé Josep Borrell. "Les autorités russes doivent lui donner accès aux professionnels de la santé auxquels il fait confiance." Il y a peu de chance que les autorités russes accèdent à cette requête, vue comme une ingérence.

Dans une lettre adressée au Conseil européen, Leonid Volkov, le directeur de cabinet d'Alexeï Navalny, réclame une aide médicale d'urgence pour le dissident, en grève de la faim depuis le 31 mars. Selon ses proches, il serait "en danger de mort".

Navalny a survécu en août à un empoisonnement attribué aux services russes. Après avoir reçu des soins en Allemagne, il est rentré en Russie, où il a été arrêté. Condamné à deux ans et demi de prison, il purge sa peine dans une colonie pénitentiaire.

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