"L'Europe doit mettre la main à la poche pour sa défense"

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan, et Rex Tillerson, secrétaire d'Etat américain. ©AFP

Rex Tillerson, le secrétaire d'Etat américain est à Bruxelles ce vendredi où ils rencontrent les autres membres de l'Otan. Au programme, le budget, la Russie, l'Ukraine et la lutte anti-terroriste.

Première réunion de l'Otan ce vendredi pour le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson. Sans surprise, l'homme a diffusé le message très ferme de son président: l'Europe doit mettre davantage la main à la poche pour sa défense.  "Les alliés qui n'ont pas de programmes concrets pour dépenser 2% du PIB en matière de défense d'ici à 2024 doivent les mettre en place maintenant. Ceux qui ont un programme pour atteindre 2% doivent accélérer leurs efforts et produire des résultats", a-t-il martelé.

Les alliés s'attendaient à ce message. "Je suis sûr que le message de M. Tillerson sera le même que celui donnés par le vice-président Mike Pence et le secrétaire à la Défense, James Mattis: un fort support à l'Otan et au lien transatlantique et la mise en application des décisions antérieures, dont celle prise en 2014 par les chefs d'Etat et de gouvernement alliés sur ces 2%", a d'ores et déjà le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Rex Tillerson entend également que les membres de l'Otan se positionne sur la situation en Ukraine. "Nous voulons avoir une discussion sur la posture de l'Otan ici en Europe, en particulier en Europe de l'est, en réponse à l'agression russe en Ukraine", a dit le chef de la diplomatie américaine dans une déclaration de moins d'une minute sur les enjeux de cette réunion. Il faisait référence à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et au soutien présumé apporté aux rebelles séparatistes pro-russes dans le Donbass (est).

Malaise

Les Etats-Unis et leurs 27 partenaires de l'Otan ont frôlé la semaine dernière l'incident diplomatique. Tillerson avait d'abord fait savoir qu'il ne viendrait pas à Bruxelles pour une réunion initialement prévue les 5 et 6 avril, invoquant la visite aux Etats-Unis du président chinois Xi Jinping à ces dates.

Washington "ne s'était pas rendu compte de ce que cela signifiait (...) dans un contexte où les tweets et déclarations de Donald Trump n'ont pas rassuré les alliés", selon une source diplomatique à Bruxelles. "C'était d'autant plus problématique" que Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil et proche du président russe Vladimir Poutine, "avait déjà planifié un voyage à Moscou" en avril, a critiqué ce diplomate.

Face au malaise provoqué par une éventuelle absence, rarissime, d'un ministre du premier pays contributeur et fondateur de l'Otan, il a fallu en catastrophe convaincre les autres capitales d'avancer la réunion au 31 mars.

Outre le budget, la Russie et l'Ukraine, l'Alliance discutera également de la lutte anti-terroriste.

Un sommet est prévu le 25 mai.

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