L'Europe ne reconnaît pas Loukachenko après son investiture secrète

Alexandre Loukachenko a prêté serment mercredi en catimini. Ni l'Europe ni les États-Unis ne le reconnaissent comme président de Biélorussie. ©EPA

L'Union européenne a dénoncé jeudi l'investiture du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Elle se prépare à réexaminer ses relations diplomatiques avec la Biélorussie.

L'Union européenne (UE) a refusé jeudi de reconnaître l'investiture d'Alexandre Loukachenko comme président de Biélorussie, après sa prestation de serment lors d'une cérémonie qui n'a été rendue publique qu'après coup. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a annoncé un réexamen des relations avec le régime du président contesté. "L'UE ne reconnaît pas les résultats falsifiés des élections", a déclaré Josep Borrell, le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères. "La soi-disant 'investiture' du 23 septembre et le nouveau mandat revendiqué par Alexandre Loukachenko manquent de légitimité démocratique." Les Etats-Unis ont également refusé de reconnaître ce nouveau mandat.

"Cette 'investiture' contredit directement la volonté d’une grande partie de la population biélorusse, exprimée (...) sans précédent depuis les élections, et ne fait qu’aggraver davantage la crise politique."
Josep Borrell
Haut représentant de l'Union européenne aux Affaires étrangères

Alexandre Loukachenko a prêté serment mercredi en secret, alors que l'opposition et de nombreux pays dans le monde contestent le résultat de la présidentielle d'août. Cette investiture a provoqué de nouvelles manifestations, violemment réprimées par la police d'État. Plus de 150 arrestations eurent lieu. Depuis deux mois, 12.000 personnes ont été emprisonnées et, selon Amnesty International, plus de 500 cas de tortures ont été constatés.

L'investiture d'Alexandre Loukachenko a provoqué de nouvelles manifestations en Biélorussie. ©EPA

"Cette 'investiture' contredit directement la volonté d’une grande partie de la population biélorusse, exprimée dans de nombreuses manifestations pacifiques et sans précédent depuis les élections, et ne fait qu’aggraver davantage la crise", a ajouté Josep Borrell. "Les citoyens biélorusses méritent le droit d’être représentés par ceux qu’ils choisissent librement grâce à de nouvelles élections inclusives, transparentes et crédibles."

500
cas de torture
L'ONG Amnesty International a constaté plus de 500 cas de torture dans les prisons biélorusses depuis le début des manifestations contre la réélection d'Alexandre Loukachenko.

Sanctions contre le régime de Loukachenko

L'UE a préparé des sanctions contre 40 personnes proches du régime de Loukachenko. Leur adoption était à l'ordre du jour du sommet européen prévu jeudi et vendredi, mais le président du Conseil européen, Charles Michel, obligé d'entrer en quarantaine après un contact avec une personne atteinte de Covid, a reporté le sommet au 1er et 2 octobre. Les débats s'annoncent difficiles. Chypre refuse de donner son accord si des sanctions ne sont pas aussi prises contre la Turquie suite aux tensions provoquées par des forages dans une zone de la Méditerranée proche de l'île chypriote et de la Grèce. Plusieurs sources diplomatiques dénoncent aussi la proximité des autorités chypriotes avec la Russie, principal soutien d'Alexandre Loukachenko.

Les manifestations de mercredi ont été violemment réprimées. ©EPA

L'UE a appelé le régime biélorusse à "s'abstenir immédiatement de toute nouvelle répression et violence dirigées contre le peuple biélorusse".

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, est considéré comme le dernier dictateur d'Europe.

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