L’Europe prépare une nouvelle alliance avec les États-Unis

Le président du Conseil européen Charles Michel a invité le nouveau président américain Joe Biden à Bruxelles début 2021 (ici, leur rencontre au Palais d’Egmont en 2015). ©REUTERS

L'UE attend avec impatience de rencontrer Joe Biden et ses équipes. Pour reprendre un dialogue serein et constructif sur les sujets les plus pressants.

L’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche donne des ailes à l’Union européenne, soucieuse de remettre sur les rails la relation transatlantique malmenée par des années de rapports conflictuels avec l’administration Trump. Les ambassadeurs des 27 États de l’UE, réunis ce lundi, se sont penchés sur un document ambitieux visant à relancer les relations entre l’Europe et les États-Unis, et fermer la parenthèse délicate des années Trump.

Le texte, préparé par le cabinet du président du Conseil européen Charles Michel et la Commission européenne, sera soumis aux chefs d’État ou de gouvernement lors du sommet des 10 et 11 décembre prochains.

Cette stratégie, "bien accueillie par tous les Etats membres, comporte 5 éléments de base", affirme un haut fonctionnaire européen. Combattre la pandémie de Covid-19, améliorer la reprise économique, lutter contre les changements climatiques, soutenir le multilatéralisme et les valeurs partagées ainsi que promouvoir la paix et la sécurité.

"Les Etats européens sont d'accord avec la nécessité de revigorer le partenariat transatlantique, tout en poursuivant un agenda pour rendre l'UE plus forte et plus autonome", poursuit cette source.

Joe Biden à Bruxelles

Cette nouvelle approche sera discutée lors d'un sommet virtuel entre les Etats-Unis et l'UE, après l'investiture du président Joe Biden prévue le 20 janvier. Charles Michel a également invité le nouveau président à un sommet présentiel à Bruxelles, lors de la première moitié de l'année 2021. La date n'a pas été précisée, mais cette rencontre devrait coïncider avec un sommet de l'OTAN.

"Les États européens sont d’accord avec la nécessité de revigorer le partenariat transatlantique, tout en poursuivant un agenda pour rendre l’UE plus forte et plus autonome."
Un haut fonctionnaire européen

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a confirmé lundi qu’un sommet rassemblera "au début de l’année prochaine" les dirigeants des trente pays de l’Alliance pour décider de son adaptation aux nouvelles menaces et aux défis du 21e siècle. Ici aussi, un rapprochement entre alliés est en vue, après que Donald Trump ait réduit la discussion sur la relation transatlantique à des questions de dépenses militaires. Le Républicain, jugeant les investissements militaires européens insuffisants, était allé jusqu’à remettre en question avant le dernier sommet de l’OTAN le principe de solidarité inscrit à l’article 5 du Traité.

Stratégie commune face à la Chine

L’UE propose de développer une stratégie commune entre Européens et Américains face à la Chine. Un des problèmes posé par le président sortant Donald Trump était sa volonté de mener une guerre commerciale unilatérale contre Pékin. Le bras de fer entre Washington et Pékin ces deux dernières années a conscientisé les Européens à la menace systémique chinoise. Mais toute réaction coordonnée avec les États-Unis demeurait impossible. Cet affaiblissement stratégique avait conduit à des incertitudes dans des secteurs de haute technologie comme la 5G, l’UE et les États-Unis étant apparus divisés face au géant chinois Huawei.

"L’UE et les États-Unis s’accordent sur le défi stratégique posé par l’assertivité internationale croissante de la Chine, même si nous ne sommes pas toujours d’accord sur la meilleure façon d’y répondre"
Les ambassadeurs des 27 États de l’UE
Á propos du projet de texte destiné au prochain sommet européen

"L’UE et les États-Unis s’accordent sur le défi stratégique posé par l’assertivité internationale croissante de la Chine, même si nous ne sommes pas toujours d’accord sur la meilleure façon d’y répondre", lit-on dans le texte qui sera soumis aux Vingt-Sept lors du prochain sommet. Le document propose de créer "un espace technologique transatlantique" qui formerait "l’épine dorsale d’une coalition plus large" entre Bruxelles et Washington.

Cette collaboration devrait aussi se renforcer en matière de défense. Jens Stoltenberg a de nouveau évoqué lundi "l'émergence de la Chine comme acteur mondial et qui investit massivement dans de nouveaux armements".

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