L'Europe veut limiter les voyages "non essentiels" pour contrer une résurgence de la pandémie

Le président du Conseil européen Charles Michel a plaidé pour une accélération des campagnes de vaccination. ©EPA

Les Vingt-Sept ont discuté jeudi de la mise en oeuvre de nouvelles restrictions face aux craintes de résurgence de la pandémie. L'UE exclut de nouvelle fermeture des frontières, mais entend décourager les voyages non essentiels.

Les dirigeants européens, réunis jeudi par vidéoconférence, ont discuté de nouvelles mesures de restrictions alors que la circulation de variants du coronavirus en provenance du Royaume-Uni et d'Afrique du Sud fait craindre une résurgence de la pandémie. Ils ont aussi abordé l'accélération de la campagne de vaccination et la création d'un certificat commun.

Les Vingt-Sept se sont mis d'accord sur un cadre commun pour l'utilisation des tests antigéniques rapides et la reconnaissance mutuelle des résultats des tests Covid-19 dans toute l'UE. Cette mesure devrait aider à "atténuer la propagation du virus", souligne un communiqué du Conseil européen. Tous les pays européens n'exigent pas encore ce type de test à l'entrée pour les voyageurs en provenance de l'UE, alors que d'autres, comme l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie ou encore l'Espagne ont déjà mis en place cette mesure.

Limiter les voyages non essentiels

Les dirigeants européens ont discuté de la mise en place de restrictions de déplacements supplémentaires, tout en évitant de mettre en péril le marché intérieur, le transport de marchandises et le quotidien des travailleurs transfrontaliers.

"Des restrictions peuvent être envisagées s'agissant des déplacements non-essentiels."
Charles Michel
Président du Conseil européen

L'Union européenne a décidé de décourager fortement les voyages non essentiels. "Nous sommes totalement convaincus que nous devons maintenir les frontières ouvertes pour garantir le bon fonctionnement du marché intérieur", a déclaré Charles Michel. Toutefois, "des restrictions peuvent être envisagées s'agissant des déplacements non-essentiels."

"Les frontières doivent rester ouvertes, les voyageurs transfrontaliers doivent pouvoir se déplacer, mais limiter les voyages non essentiels doit être une possibilité", a précisé le Premier ministre belge Alexander De Croo.

Cette décision reste du ressort de chaque État membre. La Commission européenne devrait faire des propositions lundi pour tenter de coordonner les capitales. Elle proposera, entre autres, l'introduction d'une nouvelle catégorie "rouge foncée" désignant les pays où la pandémie évolue très rapidement. "Les voyageurs provenant de cette zone devront faire un test au départ et seront soumis à une quarantaine", a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

L'Allemagne a évoqué le retour d'un contrôle aux frontières si la situation continue à se dégrader. Mais cette option est exclue. "Une fermeture de toutes nos frontières ébranlerait notre économie et n'aurait aucun effet sur la propagation du virus", a précisé Ursula von der Leyen.

Certains pays sont déjà passés à l'action face aux variants de Covid-19. Les Pays-Bas ont décidé de mettre en place un couvre-feu (de 21h à 04h30) à partir de samedi. Le Portugal a annoncé la fermeture de ses écoles, crèches et universités pendant 15 jours pour maîtriser l'explosion des cas. La France prévoit "un nouveau confinement" si le nombre de cas augmente.

Le jour même, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a exhorté les Européens à se préparer à "une escalade rapide de la rigueur des mesures dans les semaines à venir afin de préserver les capacités de soins, ainsi que d'accélérer les campagnes de vaccination".

Le certificat de vaccination divise

"Nous nous sommes engagés à mettre en place les éléments communs d'un certificat de vaccination. Mais nous restons prudents dans ce domaine"
Charles Michel
Président du Conseil européen

Les Vingt-Sept ont débattu des normes communes pour élaborer un certificat de vaccination, sans se prononcer sur le moment où il serait créé.

"Nous nous sommes engagés à mettre en place les éléments communs d'un certificat de vaccination. Mais nous restons prudents dans ce domaine", a dit Charles Michel.

Cette question continue à diviser les États européens. La Grèce, l'Espagne, Malte, le Danemark et la Pologne réclament la création d'un certificat de vaccination afin de permettre une relance du secteur touristique. La France et l'Allemagne sont réticentes, en raison de la faible proportion de gens vaccinés, des inconnues sur la transmission du virus et du risque d'enfreindre la libre-circulation.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, estime que ce certificat est "un impératif de santé".

Accélérer la campagne de vaccination

La campagne de vaccination en Europe, démarrée le 27 décembre, se déroule à une vitesse inégale, chaque État suivant son propre programme de vaccination.

2,3
milliards de doses
L'UE a commandé 2,3 milliards de doses de vaccin auprès de six laboratoires.

Charles Michel a plaidé pour une accélération des vaccinations. La décision finale étant du ressort national, les Vingt-Sept n'ont pu qu'échanger jeudi soir sur leurs pratiques respectives.

La Commission a exhorté les États à accélérer la vaccination, de manière à protéger 70% de la population adulte avant la fin de l'été.

Pour rappel, l'UE a commandé 2,3 milliards de doses de vaccin auprès de six laboratoires. Deux vaccins ont été autorisés, ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

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